« Au début des années 1950, Brigitte débarquait chaque été dans le Sud avec ses parents et sa sœur, Mijanou, après un voyage d’une nuit entière dans le Train bleu (le Calais-Méditerranée-Express, NDLR) depuis Paris », se remémore Simone Duckstein. Cette dernière n’avait alors que 8 ans et était la fille des propriétaires du Bar de La Ponche. Situé sur la plage éponyme, ce modeste établissement tropézien offre une vue imprenable sur les flots scintillants de la Méditerranée. Arrivés de bon matin, valises en main et yeux piquants, les Bardot, « un couple de bourgeois, très beaux, très grands », s’installaient à l’une des tables avec leurs filles. La petite Simone courait alors chez le boulanger leur chercher des croissants et fougasses tout juste sortis du four à bois. La famille investissait La Saravia, rue Miséricorde, une maison de vacances aux murs roses et aux volets verts, à l’ombre d’un imposant bougainvillier, à quelques centaines de mètres du fameux Bar de La Ponche. La jeune Bardot, âgée « de 16 ou 17 ans », était alors loin de se douter qu’elle deviendrait un jour l’icône de son village de cœur, un « petit port de pêcheurs très tranquille, très pauvre, où quelques peintres peignaient sans bruit ».