CAN 2025 : « C’est du sérieux vraiment », qui est Ibrahim Maza, la révélation de l’Algérie qui a dit non à l’Allemagne

Le peuple algérien n’a d’yeux que pour lui. Véritable révélation du début de Coupe d’Afrique des nations 2025 des Fennecs, Ibrahim Maza ne cesse d’enchanter les suiveurs de la sélection cet hiver au Maroc. Une entrée foudroyante face au Soudan (3-0) , une première titularisation convaincante contre le Burkina Faso (1-0), un récital face à la Guinée équatoriale ce mercredi 31 décembre (3-1), le tout pour un bilan de deux buts et d’une passe décisive en trois rencontres disputées : le milieu offensif du Bayer Leverkusen a réussi une entame de compétition tonitruante. Au point de devenir le chouchou des supporters de l’équipe nationale, pourtant si exigeants. Son surnom, « Mazadona », a définitivement été adopté sur les réseaux sociaux. Même Samir Nasri , l’ex-international français aux origines algériennes, l’a adoubé : « Maza c’est du sérieux vraiment, top player », a écrit le consultant pour Canal + sur son compte X durant le match ce mercredi. View this post on Instagram Un profil technique un temps ciblé par Nagelsmann Méconnu du grand public avant le début du tournoi continental, le maître à jouer du Bayer Leverkusen, déjà suivi de près par le FC Barcelone selon plusieurs médias catalans, crève l’écran par son profil singulier. Petit gabarit (1,80 m, 70 kg), le crack de 20 ans séduit par sa qualité technique exceptionnelle. Capable de dribbler et de passer, à l’image de son ouverture délicieuse pour Farès Chaïbi sur le deuxième but des Verts contre la Guinée équatoriale, Maza a été biberonné à l’intensité du football allemand. Le talent émergent parvient à s’adapter lorsque le rythme augmente, porté par une endurance et un volume de jeu déjà remarquable à son jeune âge. Autant de qualités qui l’ont très rapidement placé dans les radars de Julian Nagelsmann, le sélectionneur de l’équipe nationale d’Allemagne . Né à Berlin d’un père algérien et d’une mère germano-vietnamienne, le petit droitier a passé plusieurs années dans l’antichambre de la Nationalmannschaft. Huit apparitions chez les U18 et deux chez les U20 auront suffi au boss de la sélection allemande pour citer Maza parmi une liste élargie de jeunes éléments suivis de près, durant le courant de l’année 2023. « D’un point de vue sportif, j’avais plus de chances avec l’Algérie » Seulement voilà, il y a plus d’un an, celui qui a explosé en Bundesliga sous les couleurs du Hertha Berlin a finalement opté pour l’Algérie . Un choix à la fois du cœur et de la raison pour un jeune homme arabophone, habitué à se rendre au pays chaque été durant son enfance pour visiter ses grands-parents dans le quartier d’El-Harrach, à Alger et tombé amoureux des Fennecs lors de la Coupe du monde 2014. « À ce moment-là, j’ai compris ce que cela signifiait d’être Algérien et de défendre les couleurs de ma nation », a-t-il raconté à la Fifa en marge de sa première sélection face au Togo, le 10 octobre 2024. « C’est ce qui m’a poussé à travailler avec détermination et à croire en mes capacités », a révélé le milieu offensif, profondément marqué par le 8e de finale héroïque de Riyad Mahrez et ses coéquipiers perdu en prolongation face à l’Allemagne . En revanche, Maza n’a jamais caché que son changement de nationalité sportive était aussi lié à la féroce concurrence existant à son poste au sein de l’équipe allemande. « Avec (Jamal) Musiala, (Florian) Wirtz et d’autres, ça aurait été très difficile pour moi d’avoir du temps de jeu », a-t-il livré à Bild pour justifier sa décision. « Mon objectif était de participer à la Coupe du monde . D’un point de vue purement sportif, j’avais plus de chances avec l’Algérie. » Une franchise appréciée par les supporters des Fennecs, quand certains binationaux manquent parfois de sincérité. De quoi paver la voie d’une belle histoire d’amour en devenir, que Maza devra se charger d’entretenir durant la seconde partie de la CAN. Désormais un titulaire à part entière, les projecteurs seront braqués sur lui dès mardi, à l’occasion d’un 8e de finale au sommet face à la RD Congo.