ÉDITORIAL. L’incendie dans un bar de la station valaisanne de Crans-Montana a choqué la Suisse et le monde. Le bilan est très lourd Des jeunes du coin. Ou de plus loin. Unis dans ce que la jeunesse à de plus universel: l’envie de fêter, de danser, de saluer la nouvelle année, de célébrer la vie. Et puis l’horreur absolue. De celle qui n’a aucune explication, aucun sens. Des dizaines de vies arrachées. Des parents qui appellent dans le vide. Des blessés marqués à vie dans leur chair. Dans leur tête. Crans-Montana a vécu l’enfer aux premières heures de 2026. Ceux qui y étaient décrivent des scènes d’apocalypse. Sur tous les visages se lisaient le choc et la tristesse. Mais parce que l’humain est ainsi fait, à défaut de trouver un sens, on cherche la lumière dans cette nuit noire. On la trouve dans ces gestes héroïques entre ces jeunes qui ont sauvé des vies en tendant une main. On la trouve dans l’extrême efficacité des sauveteurs, des pompiers, des soignants, parfois bénévoles, qui se sont mobilisés sans compter, côtoyant l’indicible sans y être préparés. Notre suivi en continu: En direct – Drame à Crans-Montana: Des dizaines de personnes gravement brûlées prises en charge dans les hôpitaux romands et à Milan On la trouve encore dans la solidarité intercantonale immédiate qui s’est mise en place pour soigner au mieux ces grands brûlés. Tous les hôpitaux de la région ont répondu présents. Et Lausanne et Zurich, avec leurs spécialistes, ont pris en charge les cas les plus lourds. Oui, la Suisse sait faire bloc. Oui, elle sait agir dans l’adversité. Oui, les Valaisans resteront debout, comme l’a dit l’un de ses ministres. C’est toute une station, tout un canton, tout un pays qui se mobilise et qui porte aujourd’hui le deuil. Car ces enfants – parce qu’à cet âge, on n’est pas encore adulte – ce sont les nôtres. Ce sont les vôtres. Italiens, Français, Vaudois, Genevois, Valaisans… Qu’importe. Désormais, ils sont tous des enfants de Crans-Montana. Lire aussi: «Aujourd’hui, la Suisse est triste»: une quarantaine de personnes ont perdu la vie dans l’incendie de Crans-Montana On leur doit des réponses Et à ce titre, on leur doit des réponses. A ceux qui ont été fauchés en pleine jeunesse, à leurs proches, aux blessés, il faudra rapidement donner des explications. Le local était-il aux normes? La sécurité a-t-elle été respectée? Les issues de secours étaient-elles atteignables? La liste est longue. Et manifestement, il est encore trop tôt pour y répondre. Mais à la vitesse où circulent les vidéos et les témoignages, les autorités doivent aller vite. Comprendre sera essentiel pour ceux qui restent. Et pour protéger les suivants. C’est à cet aulne-là que l’on pourra juger si nous sommes à la hauteur de la violence inouïe de ce qui s’est passé en ce premier janvier 2026. Lire aussi: Guy Parmelin, président de la Confédération, à propos de la tragédie de Crans-Montana: «Nous devons faire toute la lumière sans tabou»