« Ça me met en colère » : après l’incendie de Crans-Montana, l’émotion de rescapés de la tragédie du 5-7 en Isère

Le terrible incendie d’un bar de Crans-Montana n’est pas sans rappeler l’effroyable drame de la boîte de nuit du « 5-7 », qui fit 146 morts en Isère. Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1970, le feu s’était déclaré dans cette discothèque bondée de Saint-Laurent-du-Pont, où se pressait la jeunesse post-soixante-huitarde de la région entre Chambéry et Grenoble. Très à la mode, tapissé de matériaux en plastique hautement inflammables qui lui conférait un aspect futuriste, l’établissement s’était aussitôt embrasé à cause d’un chauffage défectueux, piégeant 180 jeunes venus faire la fête. La plupart vont périr dans une mort atroce, calcinés par le brasier dont il était presque impossible de s’extraire. Les issues de secours du 5-7 avaient été condamnées avec des planches pour éviter les resquilleurs et ne pas perdre d’argent. L’accès à l’entrée se faisait au compte-goutte avec des tourniquets métalliques qui furent vite bloqués dans le mouvement de panique.