« Un cauchemar sans nom » : l’attente « insoutenable » des familles sans nouvelles de leurs proches, après l’incendie de Crans-Montana

« Notre ami est porté disparu », « ma sœur est portée disparue »… Après l’incendie qui a fait une quarantaine de morts et environ 115 blessés la nuit du Nouvel An, dans un bar de la station de Crans-Montana, dans les Alpes suisses , l’angoisse est immense. Des dizaines de personnes lancent des appels à témoins sur les réseaux sociaux et dans les médias pour tenter de retrouver un proche dont elles sont sans nouvelles depuis le drame. Les victimes sont « en grande partie des jeunes, des très jeunes. C’est ce qui rajoute de la peine à ce drame », a déclaré vendredi sur la RTS Mathias Reynard, président du canton du Valais, qui a rencontré les familles. Il déclare mesurer « l’attente insupportable » à laquelle sont contraintes les familles. « Malheureusement c’est un temps qui va encore durer jusqu’à ce que les victimes aient pu être identifiées. Est-ce que leur petit frère, petite sœur, fille ou fils est en vie ? Nous n’avons pas encore les réponses » dit-il sur la radio suisse. Les autorités helvétiques le martèlent : il faudra du temps pour identifier les victimes, l’accent est mis pour l’heure sur la médecine légale. Cinq blessés sur 112 n’étaient pas identifiés, indiquait jeudi soir à l’ambassadeur d’Italie Gian Lorenzo Cornado. « On doit savoir où est notre enfant » Sur les réseaux sociaux, les photos de ces jeunes défilent, partagées par leurs proches dans l’espoir d’obtenir des informations. « Ma sœur de 15 ans, Alice K., a disparu. Si vous l’avez vue ou si vous savez si elle a été prise en charge, merci de me contacter », écrit un internaute sur X. « S’il vous plaît, je cherche mon ami Taylan. Ses parents ont fait tous les hôpitaux, mais personne ne sait où il est », écrit un autre sur Instagram. Pierre Pralong, sans nouvelle de sa petite-fille de 22 ans, a lancé sur BFMTV « un appel à toutes les personnes qui se trouvaient dans le bar La Constellation et qui auraient vu Émilie ». Pour le père de la jeune fille, l’attente est « très difficile, il est angoissé. Je l’encourage à y croire. Mais on se prépare aussi à accepter une situation dramatique », confie-t-il. Jeudi soir, Laetitia, toujours sans nouvelles de son fils, témoignait sur RTL. « Il avait réservé une immense table. Ils se réjouissaient tous de passer ce Nouvel An ensemble », raconte-t-elle. « Il m’a écrit à 00h03 pour me souhaiter une bonne année. À 1h28, ils ont publié un « snap » où l’on voyait des bouteilles avec des bougies inflammables . Et à 1h30, le premier appel signalant l’incendie a été passé. » La mère confiait avoir peu d’espoir : « Je pense que mon enfant fait partie des 40 morts. On vit un cauchemar sans nom. Les amis de nos enfants sont là, ils nous soutiennent. On reste ici toute la journée. » Elle dénonce également un manque d’informations : « On doit savoir où est notre enfant. Aujourd’hui, je ne sais pas dans quel hôpital est mon fils. S’il est à la morgue, je ne sais même pas laquelle. On ne peut pas laisser plus de 40 parents comme ça, sans nouvelles. On doit nous informer, et pas toutes les trois ou quatre heures », martèle-t-elle. « Est-ce qu’ils sont juste à l’hôpital ? » « Est-ce qu’ils vont bien ? Est-ce qu’ils sont juste à l’hôpital ? » Quelques heures après les flammes qui ont ravagé le bar de Crans-Montana ce jeudi, Éléonore et Elisa, 17 ans cherchaient désespérément leurs amis. « On a essayé de les joindre. On a mis sur Instagram, Facebook, tous les réseaux sociaux possibles pour essayer de les retrouver. Mais il n’y a rien. Pas de réponse. Même les parents, ils ne savent pas », témoignent les jeunes filles auprès de l’AFP. Jeudi soir, neuf Français figuraient parmi les blessés et huit autres n’étaient encore localisés, a indiqué le ministère français des Affaires étrangères, alors que le chef de la diplomatie italienne a indiqué qu’une « quinzaine d’Italiens » avait été blessée, et qu’autant étaient toujours portés disparus.