Vers 3 heures du matin, dans la nuit de dimanche à lundi, le week-end d’entre les deux fêtes, plusieurs malfaiteurs se sont introduits dans le cellier de la maison de champagne Paul Gosset , en passant par la cave de stockage. Installé à Aÿ-Champagne , juste en face de la célèbre maison Bollinger, n’a pu que constater le lendemain la disparition de 1152 bouteilles de la dernière cuvée qui ne devaient être commercialisée que d’ici à quinze jours. « C’est un gros manque à gagner, ça représente 10 % de cette cuvée et plus de 200 heures de travail. Mais c’est surtout un préjudice psychologique. On fait tout ça avec passion, de A à Z. On avait un produit prêt à être commercialisé… ça nous fend le cœur », lâche Paul Gosset, à la tête de l’exploitation. Les 1152 bouteilles venaient tout juste d’être « habillées » et allaient être expédiées courant janvier. Elles faisaient partie de la cuvée « Des Jours et Des Muids » (base 2022). Une cuvée qui avait demandé quatre ans d’élaboration et de vieillissement. La perte de ce millier de flacons représente 20 000 euros. Tout un travail réduit à néant en une nuit. « On a l’impression que ce sont des gens qui savent ce qu’ils font, ils ne sont pas venus là au hasard. Ils ont emporté les deux palettes les plus visibles et les plus faciles à voler », souligne le viticulteur. À quelques kilomètres de Aÿ, les gendarmes ont retrouvé le camion du vigneron, avec les phares cassés. Cet utilitaire leur a permis de charger les deux palettes et d’effectuer le transfert vers un autre véhicule. De quoi passer inaperçu pour la suite du voyage. » « Le vin est sans doute altéré » En plus de la prison , s’ils sont amateurs de champagne, les malfaiteurs risquent pourtant d’être déçus. « Il faisait 7 degrés cette nuit-là, ce sont des vins naturels qui n’aiment pas les chocs thermiques, rappelle Paul Gosset. Nous alertons les consommateurs : si quelqu’un boit cette cuvée dans les prochains jours, cela provient forcément de ce cambriolage. Et en plus ça peut nous faire une mauvaise pub car le vin est sans doute altéré », prévient le jeune vigneron qui a pris la suite de son père Michel en 2016. C’est la première fois que la maison Paul Gosset, issue d’une longue lignée de vignerons, est la cible d’un cambriolage. Équipé jusqu’à maintenant d’un système de vidéosurveillance, le trentenaire a décidé de revoir toute la protection de son domaine. « On va s’équiper d’alarmes et surtout on va revoir le problème d’affaissement de la route avec la mairie. Ça fait dix-huit mois que notre portail ne ferme plus correctement, cela a facilité le vol », déplore-t-il. Une plainte a été déposée et une enquête est en cours. Le visionnage des caméras de vidéosurveillance de la commune de Aÿ permettra sans doute d’apporter de nouveaux éléments.