Mali-Tunisie : qu’est devenu Janny Sikazwe, l’arbitre moqué pour avoir sifflé trop tôt la fin du match lors de la CAN 2022 ?

Les images ont fait le tour du monde. Le mercredi 12 janvier 2022, la rencontre opposant la Tunisie au Mali en ouverture du groupe F de la CAN connaissait un dénouement totalement insensé. Sans raison apparente, l’arbitre zambien Janny Sikazwe avait donné le coup de sifflet final avant même le début du temps additionnel . Un souvenir probablement toujours présent dans la tête des joueurs tunisiens et maliens, qui se retrouvent ce samedi 3 janvier en 8e de finale de la CAN 2025 (20h). Quelques semaines après la polémique, l’officiel âgé de 42 ans au moment des faits s’était expliqué auprès de L’Équipe , affirmant avoir été victime « d’un coup de chaud ». « Il faisait très chaud, avec un taux d’humidité terrible, de plus de 80 %. Dès mon échauffement, c’était dur », avait-il raconté au sujet du climat à Limbé, au Cameroun . « J’avais beau prendre de l’eau, j’avais l’impression d’avoir toujours aussi soif. Et ça s’est détérioré au fil des minutes ». « J’aurais pu rentrer dans un cercueil » Pour rappel, l’officiel zambien avait arrêté une première fois la partie à la 85e minute, provoquant la stupéfaction des 22 acteurs et une incompréhension générale dans tout le stade. Après avoir repris ses esprits, il avait relancé les débats avant de les stopper définitivement après 89 minutes et 45 secondes exactement, alors que le quatrième arbitre s’apprêtait à annoncer le temps additionnel. Malgré l’indignation et la colère du staff des Aigles de Carthage , M. Sikazwe, escorté pour quitter le terrain, n’a jamais fait reprendre le match. « Je n’entendais plus mes assistants qui m’ont dit qu’ils essayaient de me joindre, de m’aider car ils voyaient que quelque chose n’allait pas. Je n’en ai aucun souvenir, j’étais dans mon monde », avait-il confié, parlant d’un état de confusion persistant durant toute la seconde période. « À cinq minutes près, je pouvais tomber dans le coma, m’ont-ils dit à l’hôpital. J’aurais pu rentrer dans un cercueil car c’était très dangereux ce qui s’est produit », avait-il livré, toujours au cours de son interview à L’Équipe. Une retraite pour « laisser la place aux jeunes » Depuis cet incident, Janny Sikazwe a rangé le sifflet et n’est donc pas présent sur les terrains marocains cet hiver. Malgré la polémique, l’officiel zambien avait tout de même été sélectionné par la Fifa pour arbitrer lors de la Coupe du monde 2022. Désigné pour diriger la rencontre entre la Belgique et le Canada en phase de poules, son arbitrage avait encore fait parler, la nation nord-américaine l’accusant d’avoir oublié deux pénaltys. Un mois plus tard, en décembre 2022, l’homme en noir annonçait la fin de sa carrière. « Je ne l’ai pas décidée il y a quelques jours », s’était-il épanché à l’occasion d’une conférence de presse en Zambie. « Certaines personnes ont dit que je me retirais à cause de la pression, mais je ne vois pas de quelle pression ils parlent. J’approche des 45 ans. Il faut laisser la place aux jeunes », avait déclaré M. Sikazwe, dont la fin de carrière aura été très mouvementée. Avant son étrange malaise lors de Tunisie-Mali, l’officiel zambien avait déjà été impliqué dans plusieurs polémiques. Durant la CAN 2019, le sélectionneur sénégalais Aliou Cissé avait qualifié son arbitrage de « catastrophique » après une rencontre entre les Lions de la Teranga et l’Algérie en phase de poules. Surtout, l’arbitre controversé avait été suspendu par la CAF pour « suspicion de corruption » au terme d’un match de Ligue des champions africaine disputé en 2018, une sanction finalement levée faute d’éléments probants. Nul doute que Tom Abonjel, l’arbitre sud-africain désigné pour officier lors du 8e de finale prévu ce samedi à Casablanca, espérera ne pas prendre autant la lumière que son homologue zambien à l’époque.