Rome affirme que six Italiens étaient encore portés disparus vendredi soir après le dramatique incendie qui a touché la station de Crans-Montana. L’Italie a envoyé sur place son ministre des Affaires étrangères, et quatre blessés étaient soignés à Milan Les regards scrutent le ciel gris au-dessus de Milan. D’une minute à l’autre, un hélicoptère devrait atterrir sur le toit au-dessus du service des urgences de l’hôpital Niguarda, dans le nord de la ville. Des caméras sont pointées vers les nuages; rien. Quelques minutes plus tôt, Guido Bertolaso, l’adjoint du gouverneur de la Lombardie chargé des politiques sociales et sanitaires, annonçait l’arrivée d’un quatrième blessé italien dans la fameuse structure sanitaire. «Nous avons rencontré des difficultés d’ordre météorologique, relatait l’ancien médecin et ancien patron de la protection civile. Le brouillard a rendu la traversée des Alpes quelque peu problématique. Le blessé arrivera, je l’espère, dans le courant de la matinée.» Il est midi et quart lorsqu’il prend la parole devant les journalistes vendredi sur la voie réservée aux ambulances, alors que l’Italie attend des nouvelles de ses concitoyens blessés et portés disparus dans l’incendie de Crans-Montana. Lire également: Désormais, ce sont tous des enfants de Crans-Montana Treize hospitalisés Giorgia Meloni dénombrait vendredi soir 13 Italiens hospitalisés entre la Suisse et l’Italie et 6 portés disparus. Un bilan supérieur à celui annoncé par la Suisse, qui s’explique certainement par le fait que ces chiffres ne cessent d’évoluer en fonction de l’avancement des identifications formelles. Cinq des personnes blessées sont hospitalisées à Milan. Il s’agit d’une femme de 29 ans et de trois jeunes hommes de 15 et 19 ans. L’un d’eux a été opéré dans la matinée et le sera à nouveau «ces prochains jours», selon les responsables sanitaires. Ils précisent qu’il souffre de «graves brûlures profondes aux bras et au dos». Dans l’après-midi, la main de la trentenaire devait être «reconstruite» lors d’une autre opération. Des salles opératoires sont par ailleurs réservées samedi et dimanche au moins afin de pouvoir accueillir de nouveaux patients. Deux autres personnes devaient en effet être héliportées vendredi dans la capitale lombarde, selon les autorités régionales. Ces blessés, originaires de la Lombardie et âgés de 15 ans, avaient été pris en charge par les hôpitaux de Berne, Lausanne et Genève. Six autres blessés italiens se trouvaient encore dans des conditions «très graves» dans les hôpitaux de Berne et Zurich. Vendredi encore, leur état rendait un transfert impossible. Lire aussi: Drame de Crans-Montana: la Suisse a activé le mécanisme de protection civile de l’UE auquel elle n’a pas adhéré. De quoi parle-t-on exactement? «Mon fils se sent mal, mais il est en vie» Devant l’hôpital Niguarda, le père de l’un des jeunes blessés de 15 ans a accepté de répondre à quelques questions des journalistes. «La situation sur place était terrible, a-t-il raconté. J’ai retrouvé mon fils mais vu la situation catastrophique, j’ai demandé aux médecins si je pouvais l’amener moi-même à l’hôpital de Sion. Il se sent mal, mais il est en vie. Il a été touché par les flammes pendant qu’il sortait du bar. Il y allait tous les soirs, car c’est là que tous les jeunes de Crans-Montana se retrouvaient.» Une équipe d’experts spécialisés dans le soin des grands brûlés a par ailleurs été envoyée jeudi soir par la Lombardie en Suisse pour organiser le transfert des autres patients en état de voyager. La Ligurie a aussi mis à disposition de la Suisse l’un de ses établissements spécialisé dans la gestion des grands brûlés. L’hôpital Villa Scassi de Gênes «pourrait accueillir samedi des blessés ayant besoin de soins urgents», selon le gouvernement régional. L’Italie est profondément touchée par la tragédie. Les Alpes sont un lieu de vacances hivernales privilégié par les Italiens habitants les régions frontalières, qui apprécient les stations de ski helvètes comme Crans-Montana mais aussi d’autres localités dans le Valais, le Tessin ou encore les Grisons. La première ministre Giorgia Meloni a renouvelé ses condoléances vendredi, qu’elle avait déjà formulées la veille pour les familles des victimes, les blessés, ainsi que le peuple et les institutions suisses. «L’identification des victimes est particulièrement complexe en raison des graves brûlures subies par un grand nombre des personnes décédées, a ajouté vendredi la présidente du Conseil des ministres. L’état de mobilisation du Service national de la protection civile a été décrété vendredi matin.» Notre suivi en continu: En direct, drame à Crans-Montana – Tout laisse à penser que le feu est parti de bougies placées sur les bouteilles, annoncent les autorités «Il me semble insensé d’utiliser des feux pyrotechniques dans un lieu fermé» Giorgia Meloni a aussi envoyé sur place son ministre des Affaires étrangères. «J’ai voulu venir ici à Crans-Montana pour être près des proches des victimes ainsi qu’auprès de ceux qui nourrissent l’espoir d’embrasser à nouveau ceux qui leur sont chers», soulignait Antonio Tajani vendredi à la mi-journée. Le ministre a rencontré sur place une trentaine d’Italiens, des proches des blessés ou des portés disparus. «Nous ne communiquerons aucune information concernant les victimes tant qu’elles n’auront pas été confirmées, a-t-il insisté. Mais il me semble insensé d’utiliser des feux pyrotechniques dans un lieu fermé. Cette catastrophe m’amène à penser que quelque chose n’a pas fonctionné» sur le plan de la sécurité. Le ministre italien s’est recueilli devant des fleurs apportées en mémoire des victimes, un bras autour du président du Conseil d’État valaisan Mathias Reynard, visiblement ému. Lire aussi: «J’ai vu des choses qu’on ne devrait jamais voir»: à Crans-Montana, une station sous le choc