Au lendemain du drame, de nombreuses familles retiennent leur souffle, et font leur possible pour retrouver la trace de leurs proches. Plusieurs cas sont déjà confirmés dans le canton de Vaud, notamment à l’école de Champittet ainsi que dans la commune de Lutry L’attente, l’incertitude, l’angoisse. Pour de nombreuses familles romandes, depuis le 1er janvier, l’absence de nouvelles de la part de leurs proches présents à Crans-Montana durant la nuit du Nouvel An est lancinante. En témoigne la vague de publications qui a empli les réseaux sociaux depuis les premières heures suivant le drame: des photos de jeunes portés disparus, une amie, un cousin, un fils, et des numéros de téléphone laissés dans l’espoir que quelqu’un, quelque part, ait une quelconque bribe d’information utile à leur apporter. Un compte temporaire a été créé sur Instagram pour les centraliser, et compte déjà plus de 20 000 abonnés. Celui-ci signale que des précisions sur les tatouages ou les bijoux portés par les disparus peuvent être particulièrement précieuses. Le compte a d’ailleurs été mis en lien avec l’Hôpital du Valais, dans l’espoir que les informations partagées puissent servir à l’identification de ses patients. Croulant toutefois sous les propositions d’aide et de soutien, celui-ci précise que son utilisation par les équipes de médecine légale n’est pas certaine en parallèle des outils déjà à sa disposition. View this post on Instagram Lire aussi: Drame de Crans-Montana: «Je vais retrouver mon fils, c’est une certitude» Parmi les personnes disparues, beaucoup de jeunes, qui s’étaient rendus au Constellation pour passer la nouvelle année, souvent en groupe. Un certain nombre de Vaudois, notamment en provenance de l’Est lausannois, en font partie. L’école privée de Champittet reçoit les informations au compte-goutte, mais elle dénombre parmi ses élèves un ou deux blessés graves, et trois portés disparus. Ils se trouvent dans les classes de 11e et 12e Harmos, possiblement de 13e également. Trois autres jeunes, des anciens élèves ayant récemment quitté l’établissement, manquent également à l’appel. «Nous savons ce que ça peut vouloir dire, mais nous nous devons de garder espoir, partage son directeur général Philippe de Korodi. L’émotion est immense dans la communauté scolaire, et s’exprime notamment sur les réseaux sociaux et dans les groupes WhatsApp. Nous avons envoyé un premier message de soutien à la communauté, et avons reçu en retour une avalanche extraordinaire d’hommages et d’offres de soutien.» Préparation d’une rentrée qui s’annonce difficile L’école prépare aujourd’hui une rentrée qui sera particulièrement difficile ce lundi. Une assemblée est prévue pour les élèves du secondaire, les plus proches du drame, «pour expliquer, objectiver, présenter les ressources à disposition», détaille Philippe de Korodi. Une cérémonie de recueillement multiconfessionnelle aura lieu mercredi après-midi dans la chapelle du site, et un lieu sera mis à disposition pour le dépôt d’hommages. Des interventions spécifiques auront aussi lieu dans les classes concernées, et des psychologues scolaires ont été mobilisés dans tout le réseau dont fait partie Champittet. «Ils seront à disposition des élèves, évidemment, mais aussi des adultes, dont certains sont très touchés. Il ne faut pas oublier non plus que l’école compte également des frères et sœurs de personnes concernées. Le suivi sera indispensable sur le long terme également.» Cet ancien délégué du CICR pense en effet déjà à la phase de reconstruction qui sera nécessaire, et imagine y donner du sens, par exemple en créant un projet humanitaire en hommage aux victimes. L’Est lausannois également concerné Fortement ébranlée, l’école n’est pas la seule à faire l’appel avec inquiétude. Selon nos informations, des étudiants issus de gymnases vaudois seraient concernés, notamment dans l’établissement de Chamblandes, ainsi que d’autres jeunes de l’Est lausannois. Le canton devrait communiquer samedi à ce sujet. Un habitant de la commune de Pully, ami proche de deux disparus, évoque une douzaine de Pulliérans et Lutryens introuvables ou hospitalisés, dont une grande partie de mineurs. Plusieurs jeunes originaires de Lutry font partie des personnes concernées par le drame, confirme le syndic Charles Monod, bien que les informations officielles soient encore lacunaires. «Nous travaillons depuis hier à la mise en place de tout ce qui sera nécessaire en termes d’accompagnement et de soutien, afin que personne ne soit oublié.» Le club de foot local est également touché de plein fouet. «Le FC Lutry a appris avec une profonde tristesse ce drame, qui touche également des membres de sa communauté, indique son président Stéphane Bise. Le club concentre ses efforts sur le soutien aux familles et aux enfants.» Selon Blick , en début de journée vendredi, trois ou quatre jeunes n’avaient pas donné signe de vie et un autre avait été hospitalisé. Une avalanche de désinformation «Ce sont deux journées horriblement dures, témoigne un jeune Lausannois très proche de deux jeunes toujours disparus. Avec plusieurs amis, nous sommes en contact avec leurs parents, et essayons de filtrer toutes les fausses informations que nous recevons. On nous a dit que l’un d’eux avait été retrouvé, ou que l’autre avait été vu dans un hôpital à Zurich, on a dû dire stop à ces personnes qui semblent excitées par toute nouvelle information, vraie ou non.» Proche de certains membres du FC Lutry, ce jeune les dit dévastés. «Nous, on prie pour que nos amis soient parmi les derniers blessés non encore identifiés.» En parallèle, lui et ses proches refont l’enquête, essayent de comprendre ce qui s’est passé. «Un tel drame, ce n’est pas la faute à pas de chance. Il faut que la lumière soit faite sur les responsabilités, l’inconscience de trop de gens.» Notre suivi en continu: En direct, Crans-Montana – «Tout s’est fait dans les normes», assure le gérant du bar «Le Constellation» De jeunes sportifs étrangers Parmi les autres personnes identifiées, selon le journal italien Gazetta dello Sport , un jeune footballeur de 19 ans, espoir du FC Metz, fait partie des blessés graves, tout comme un joueur luxembourgeois évoluant dans l’équipe des moins de 19 ans de Pescara. Un autre sportif âgé de 16 ans, étoile montante du golf, ferait partie des victimes, a annoncé la Fédération italienne de golf, qui lui rendait hommage. Il aurait été identifié au moyen de son téléphone portable. Son oncle, cité par le journal, a toutefois rappelé que son identification formelle n’avait pas été conclue. «Pour l’instant, il figure toujours sur la liste des personnes disparues. Il y a peut-être encore de l’espoir.»