Un hommage national à Brigitte Bardot ? Éric Ciotti lance une pétition, Olivier Faure s’y oppose

Éric Ciotti, patron de l’UDR, allié du RN, a demandé ce lundi 29 décembre à Emmanuel Macron d’organiser un hommage national à Brigitte Bardot, décédée dimanche à 91 ans . Le député des Alpes-Maritimes a même lancé une pétition sur le site internet de son parti pour que la nation rende hommage à « celle qui aura si bien incarné la France, son insolence, son panache, son élégance ». L’hypothèse a été rejetée par le patron du PS Olivier Faure qui, tout en saluant « une actrice iconique », ajoute qu’elle avait « tourné le dos aux valeurs républicaines ». « Les hommages nationaux sont rendus pour services exceptionnels rendus à la Nation. Brigitte Bardot a été une actrice iconique de la nouvelle vague. Solaire, elle a marqué le cinéma français », a écrit sur X le premier secrétaire du Parti socialiste. « Mais elle a aussi tourné le dos aux valeurs républicaines et été multicondamnée par la justice pour racisme », a-t-il ajouté. Plusieurs condamnations Quelques heures plus tôt, le député socialiste Philippe Brun avait répondu sur Europe 1 « pourquoi pas » : « si le président de la République le décidait, je ne vois pas pourquoi il faudrait s’y opposer », avait-il estimé. « Brigitte Bardot était une très grande figure, un symbole de liberté, de rébellion, de passion et qui incarnait aussi notre pays à l’étranger », avait déclaré le vice-président de la commission des Finances. « Nous regrettons sa disparition », avait-il ajouté, « quant à ses engagements politiques, il sera bien temps, dans quelques jours ou quelques semaines, d’en parler ». Brigitte Bardot, qui se disait « contre le vivre ensemble » , voyait notamment en Marine Le Pen une responsable politique capable de « reprendre la France en main, de remettre des frontières et de redonner la priorité aux Français ». « Je n’ai jamais demandé à personne d’être raciste et je ne pense pas nourrir de haine raciale », affirmait-elle en dépit de plusieurs condamnations, notamment pour des propos contre les musulmans. Invité à réagir sur le silence qui a entouré à gauche la disparition de l’actrice et militante, Philippe Brun avait assuré qu’« il n’y a pas de gêne à avoir ». « Nous connaissons son parcours, nous connaissons aussi ses condamnations, nous réprouvons évidemment son engagement politique », avait-il expliqué. Peu de réactions à gauche Peu de personnalités de gauche ont réagi à la mort de l’icône française, au milieu d’un concert unanime de louanges à droite et à l’extrême droite dont Brigitte Bardot avait épousé la cause. « On dit que Dieu créa la femme. Certains le croient, d’autres non. Nous sommes tous d’accord pour affirmer que le cinéma français créa BB et elle le fit rayonner à travers le monde… Cela, pour notre plus grand bonheur », a cependant tweeté le patron des communistes, Fabien Roussel . Nettement plus critique, la députée écologiste Sandrine Rousseau a cinglé : « Être émue par le sort des dauphins et être indifférente aux morts des personnes migrantes dans la Méditerranée, c’est quel niveau de cynisme ? », sur le réseau Bluesky. La députée LFI de Paris Sarah Legrain, membre de la direction du mouvement de gauche radicale, a, elle, estimé que l’actrice était « trop raciste » pour recevoir un hommage des Insoumis.