Le réchauffement climatique n’a rien à voir avec l’histoire qui suit. Fin décembre à Troyes (Aube), ils étaient près d’une dizaine à s’affairer autour d’un convoi « exceptionnel ». Après 500 kilomètres de route, la camionnette partie de Grenoble (Isère) s’est garée devant l’entrée du musée Saint-Loup . Là, une dizaine de personnes a pris en charge une espèce animale qu’on n’a pas l’habitude d’apercevoir dans l’Aube. Il s’agissait de… Sophie la girafe, un animal empaillé. Qu’on ne s’y méprenne pas : malgré son prénom féminin, en référence au célèbre jouet , la bête en question est bien un mâle. Cette girafe massaï, aussi appelée « girafe du Kilimandjaro », emblème du Kenya et de la Tanzanie, coulait depuis 2008 des jours paisibles dans le hall d’entrée du Muséum de Grenoble où 100 000 visiteurs la croisaient chaque année. Pourquoi déménager à Troyes alors que tout roulait dans l’Isère pour Sophie ? À l’occasion de ses 250 ans, le Muséum de Grenoble a lancé une vague de rénovations, notamment de son hall d’entrée. À terme, il n’y aura plus de fenêtres et donc plus de lumière naturelle : des conditions peu idéales pour la conservation d’un animal empaillé qui s’était déjà détérioré au fil des années. Sophie la girafe, issue d’une espèce qui peut atteindre les 6 mètres de hauteur et dont le cœur peut peser jusqu’à 12 kilos, avait besoin d’une nouvelle « maison ». Avant d’être exposée, elle va subir un lifting du cou Le légendaire sens de l’hospitalité des Troyes n’étant plus à démontrer, la Ville de Grenoble a décidé d’offrir sa girafe à la préfecture de l’Aube. Un don a officiellement accepté lors du dernier conseil municipal de 2025. Maire adjoint à la culture, Marc Sebeyran, relayé par nos confrères de L’Éclair, a salué la démarche grenobloise : « Ce spécimen rare est en relatif bon état. À la réouverture du muséum, il permettra d’évoquer la famille des giraffidés dont ce sera le seul représentant dans les collections troyennes. Spécimen d’envergure, il pourra devenir l’emblème du muséum et sensibiliser les visiteurs à la protection de ces animaux ». Représentante d’une espèce en voie d’extinction, dont on estime qu’il reste environ 35 000 individus sauvages sur Terre, Sophie ne fera pas connaissance dans l’immédiat avec les visiteurs du Musée Saint-Loup. La peau de son cou s’étant dégradée au fil des ans, la charmante girafe a besoin d’être restaurée.