Des centaines de bougies sont alignées à même le sol à quelques pas du Constellation, le bar de Crans-Montana (Suisse), théâtre de l’incendie meurtrier pendant la nuit du Nouvel An. Giorgio, 8 ans, s’approche de ce mini-champ de lumières. Il se recueille aux côtés de ses parents et de ses trois sœurs. Il est haut comme trois pommes mais parle déjà comme un grand, comme un adulte. « Je ressens de la douleur, 40 personnes sont mortes, 40 familles sont détruites », avance-t-il. Ce garçon, qui a la foi catholique, y met un sens religieux. « Les morts vont aller au paradis, aller vers Jésus rejoindre leurs grands-parents », imagine-t-il. Avec son papa Pietro, anesthésiste à l’hôpital de Sion situé à 25 km de Crans-Montana et sa maman, professeure des écoles dans la station de ski, il a beaucoup échangé depuis jeudi. Le père de famille n’a pas cherché à dissimuler la réalité à sa progéniture ni même à l’édulcorer, lui qui a été mobilisé lors de la nuit du drame. « J’ai raconté à mes enfants comment ça s’est passé, en leur disant que des jeunes étaient décédés, que cette mort touche des frères, des sœurs, des parents… et qu’il faut se mettre à la place de la famille. Comment ? En faisant silence, en se recueillant », explique cet Italien de 37 ans.