Les applaudissements fusent spontanément pour saluer les pompiers. Et ils durent. Alors que le soleil se couche sur Crans-Montana (Suisse), dans cette portion de la rue Centrale transformée en mausolée, ils arrivent en groupe et en uniforme pour déposer des fleurs en hommage aux victimes de l’incendie meurtrier qui a eu lieu la nuit du réveillon dans le bar « Le Constellation » caché par des bâches blanches juste derrière. Quarante personnes y ont péri selon le dernier bilan, 119 ont été blessées, pour la plupart grièvement. Même ces soldats du feu qui y ont sauvé des vies sont visiblement éprouvés. Certains ne parviennent pas à retenir leurs larmes. « Évidemment, ils ont vécu la guerre, un peu comme le Bataclan chez vous. Vous avez déjà vu 40 corps morts entassés. C’est inimaginable », expliquait le commandant du Centre de secours incendie Crans-Montana David Vocat, depuis le garage où sont garés les camions rouges et différents véhicules de secours spécifiques à la montagne.