« On rêve trop, on ne travaille pas assez » : les mots forts de Mejbri après l’élimination de la Tunisie de la CAN

C’est le genre de défaites qui conduit souvent à l’introspection et à la remise en question de toute une nation. Ce samedi, la Tunisie a déjà dit au revoir à la CAN 2025 , éliminée aux tirs au but par le Mali (1-1, 3-2 tab) après avoir joué à 11 contre 10 durant quasiment toute la rencontre. Un faux pas qui promet de laisser des traces et qui a déjà délié des langues. En zone mixte après la rencontre, le jeune talent Hannibal Mejbri (22 ans) n’a pas mâché ses mots. « On est en retard dans notre football, et ça il faut le dire, on est en retard sur beaucoup de choses, a-t-il regretté. On doit tous s’asseoir autour d’une table, tous les responsables du foot tunisien, et se poser les réelles questions parce qu’on est vraiment en retard. » « Ce n’est pas la honte d’apprendre tous les jours » Né à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), passé par les centres de formation du Paris FC , de l’AS Monaco et de Manchester United, aujourd’hui en prêt à Burnley (D1 Anglaise), Hannibal Mejbri fait partie des grands espoirs du football tunisien , malgré son éloignement de ses terres d’origine. « Ça me fait mal au cœur d’en parler car je ne vis pas en Tunisie, ce serait hypocrite de ma part mais je ne peux pas ne pas en parler, c’est triste », admet-il. « Il faut vraiment qu’on travaille et qu’on reprenne tout à zéro. Tout. Parce qu’il y a énormément de talent en Tunisie, mais on est en retard. Quand on voit l’Algérie, le Maroc, tous les pays d’Afrique progresser sauf nous, sur tout, je n’ai même pas les mots », a-t-il ajouté. « Désolé, peut-être que ça va faire le tour de la Tunisie mais on rêve trop et on ne travaille pas assez peut-être, a-t-il conclu, conscient de la puissance de sa formule. On ne se forme pas, alors que ce n’est pas la honte d’apprendre tous les jours. Que ce soit dans le foot ou en dehors, il faut qu’on se pose des questions, moi le premier, et j’espère que ça va le faire. »