«Dégage. Dégage d’ici»: à Genève, une altercation devant la synagogue rebondit au Grand Conseil

Le Conseil d’Etat genevois a demandé une enquête après que des agents de sécurité privée se sont vigoureusement adressés à des passants qui se rendaient à un restaurant proche la synagogue, le jour de Yom Kippour. La police estime que les agents étaient dans leur bon droit Jeudi 2 octobre à Genève, il est environ 19 heures lorsque deux couples de trentenaires traversent ensemble la place de la Synagogue, dans le quartier des Banques, pour rejoindre le Casti – rendez-vous a été donné dans le restaurant pour fêter un anniversaire en famille. L’une porte un keffieh autour du cou, un autre une écharpe aux couleurs de la Palestine. Arrivés non loin de la synagogue, passage obligé pour se rendre au restaurant italien, deux hommes leur emboîtent le pas, raconte Stéphane* l’un des trentenaires. Ces hommes portent une veste sombre munie d’un pin's en forme de ruban jaune – signe de solidarité pour les otages alors encore détenus à Gaza – et des écussons qu’aucune des quatre personnes ne reconnaît. «Je leur ai demandé qui ils étaient et ce qu’ils voulaient», se souvient Stéphane. Pas de réponse. «Quand j’ai voulu aller parquer mon vélo, l’un des hommes a fait barrage et entrouvert sa veste pour me montrer la bombe lacrymogène qui s’y trouvait», poursuit-il. Sa version des faits est contestée par l’employeur des agents, selon qui le quatuor s’est rendu coupable d'«agressions verbales et invectives» envers des fidèles alors qu’ils sortaient de la synagogue. Des accusations fallacieuses et «honteuses», soutient au contraire Stéphane, qui invite qui ne le croirait pas à demander les vidéos de surveillance de la soirée. Voir plus