On ne cesse d’entendre que l’intelligence artificielle signe la disparition des métiers de la traduction. Mais qu’en est-il vraiment? En Suisse, ces professionnels vivent à ce stade des réalités bien différentes selon leur employeur ou mandataire «Mais ton métier existe toujours, avec l’intelligence artificielle?» Cette question est désormais la première qu’on leur pose, rapportent nombre de traducteurs et traductrices, non sans agacement. Alors que les théories sur leur «remplacement» se multiplient, qu’en est-il vraiment en Suisse? Patricia*, traductrice actuellement en recherche d’emploi, raconte une forme d’accélération: «Il y a toujours eu peu d’offres, mais maintenant c’est vraiment très compliqué.» Ayant travaillé des années dans une grande entreprise suisse qui a décidé d’externaliser ses services de traduction, elle préfère rester anonyme. «Un poste de traductrice à 100%, je n’en retrouverai pas. Mais peut-être un job qui combine un peu de traduction et de la communication dans un service marketing multilingue, par exemple. Aujourd’hui, j’ai accepté cette idée.» Voir plus