Le musée du Louvre ( Ier arrondissement de Paris) pourrait de nouveau fermer ses portes. Ce lundi 5 janvier, les personnels du célèbre musée parisien se réunissent en assemblée générale pour décider de reconduire ou non leur mouvement de grève , dans un climat social particulièrement tendu. Convoquée à l’appel de trois syndicats — la CGT, la CFDT et Sud —, cette assemblée se tient aujourd’hui dans l’auditorium situé sous la pyramide du Louvre. L’enjeu : déterminer si un nouveau préavis de grève sera activé, avec le risque de priver les visiteurs du plus grand musée du monde. Dans un communiqué commun, les organisations syndicales estiment que les propositions transmises par le ministère de la Culture sont « toujours jugées insuffisantes et en dessous des réalités du quotidien », dénoncent-elles. Une colère qui ne faiblit pas depuis plusieurs semaines. Un conflit qui s’enracine Ce mouvement social s’inscrit dans un contexte de crise pour l’établissement. Le 8 décembre dernier, les personnels avaient déjà voté le dépôt d’un préavis de grève reconductible et demandé l’ouverture de négociations au niveau du ministère de la Culture afin d’obtenir des réponses à des revendications jugées « urgentes » par les syndicats. Parmi les demandes prioritaires figurent un changement de gouvernance du musée, la priorisation des travaux de mise en sûreté et de sécurité de l’établissement , ainsi que la création d’emplois à hauteur des besoins réels. Des enjeux cruciaux pour un musée qui accueille des millions de visiteurs chaque année. Face à l’insuffisance des propositions ministérielles issues des différentes réunions de négociation, les personnels étaient déjà passés à l’action mi-décembre. Le musée avait ainsi connu trois jours de grève, les 15, 17 et 18 décembre , perturbant la venue de nombreux touristes en cette période de fin d’année. Un établissement sous pression L’assemblée générale de ce lundi intervient alors que le Louvre traverse une période particulièrement éprouvante. Depuis le spectaculaire cambriolage survenu le 19 octobre dans la galerie d’Apollon, l’état général du musée a été pointé du doigt à de nombreuses reprises. Galeries fermées pour délabrement, inondations , sécurité défaillante : les problèmes s’accumulent et alimentent l’actualité du monument. Ces dysfonctionnements nourrissent la colère des agents, qui déplorent depuis longtemps des conditions de travail dégradées et un sous-effectif chronique. La vétusté du bâtiment et les incidents à répétition ont mis en lumière les fragilités d’un établissement et pour les syndicats, il est urgent d’agir avant que la situation ne se dégrade davantage. Le préavis de grève voté pour ce 5 janvier sera donc débattu lors de cette assemblée générale matinale. Les personnels devront décider collectivement s’ils actent ou non une nouvelle journée de mobilisation. Une décision qui pourrait contraindre la direction à fermer de nouveau les portes du musée, comme cela avait été le cas à la mi-décembre.