À l’occasion du nouvel an, dans la plupart des familles, les réunions sont l’occasion de chaleureuses retrouvailles et de vœux. Pour les proches de Movses A., 54 ans, la fête a, comme les autres jours d’ailleurs, été le théâtre d’un nouvel accès de violences dont le père de famille semble être coutumier. Déjà, le 27 décembre dernier, le quinquagénaire est venu devant le domicile de son ex-femme, à Creil (Oise), pour briser à coups de marteau toutes les vitres de sa voiture. Une scène filmée par les caméras de vidéosurveillance de la ville et que Movses A. ne conteste pas. C’est l’explication de son geste qui apparaît plus surprenante. « Elle n’a pas le permis, je ne voulais pas qu’elle conduise la voiture avec mes petits enfants à l’intérieur, c’est pour ça que j’ai cassé les vitres », explique-t-il à l’audience de ce lundi 5 janvier, au tribunal de Senlis. « Il avait bu » Consommateur d’alcool régulier, Movses A. est dès le réveillon de retour devant l’immeuble de son ex-femme, où résident aussi ses deux fils. « Les gens qui logent chez lui nous avaient appelés pour nous prévenir qu’il avait bu et qu’il venait chez nous avec un marteau », explique l’ex-femme à la barre. La situation dégénère, les deux fils de Movses A. tentent de le maîtriser et l’un d’eux reçoit plusieurs coups de marteau au bras et à la jambe, avant que les policiers n’arrivent et interpellent le père de famille. Celui-ci conteste toute agression et affirme au contraire que c’est lui qui a été agressé. Lors de sa garde à vue, Movses A. ne prononce pas une seule fois le nom de son ex-femme, préférant la désigner sous la charmante appellation de « cette sale chienne ». « Pendant vingt ans, j’ai subi des violences » « Pendant vingt ans, j’ai subi des violences et mes enfants aussi, détaille son ex-femme à l’audience. Il m’a cassé le nez, m’a brisé le dos, je n’ai jamais porté plainte car j’avais peur pour mes enfants. » « Il a été violent toute sa vie, on veut juste qu’il reste loin de notre famille », appuie l’un de ses fils. Déjà condamné à plusieurs reprises, Movses A. inquiète la substitute du procureur. « Le risque de récidive est très important, il est venu deux fois alcoolisé et armé et il faut l’interdire de contact avec les deux victimes mais aussi avec sa fille. » Des préconisations suivies par les juges, qui ont condamné Movses A. à une peine de 12 mois de prison, dont sept mois avec sursis probatoire. Il reste maintenu en détention et a interdiction d’entrer en contact avec son ex-femme, l’un de ses fils et sa fille. Une décision pas vraiment du goût du prévenu, qui gratifie son fils d’une insulte en arménien, sa langue natale, avant de quitter le box.