Un milliard de dollars de recettes pour « Avatar 3 » : cinq minutes pour comprendre l’ampleur du phénomène

Le cap a été franchi dimanche soir : « Avatar : de feu et de cendres » a engrangé 1 milliard de dollars de recettes dans le monde en dix-sept jours d’exploitation. En France, dans le même temps, ce troisième volet de la saga de James Cameron cumule déjà 6,5 millions de spectateurs, quelques jours après avoir passé la barre des 5 millions . Ces scores impressionnants peuvent-ils pérenniser les deux ultimes volets à venir ? Rien n’est encore joué… Est-ce un exploit ? Dans l’histoire du cinéma, les films capables de cumuler tant de recettes et de spectateurs en si peu de temps font partie des très rares exceptions. Le parcours en salles de « De feu et de cendres » depuis sa sortie fait figure d’exploit, d’autant plus avec une telle durée (3h17) qui n’offre la possibilité que de deux ou trois séances quotidiennes selon les cinémas. « Avec une telle limitation du nombre de séances, ce sont des chiffres extraordinaires », confirme Éric Marti, directeur de Comscore, société qui fait référence dans l’analyse du box-office. Il rappelle que les scores énormes du film, tout comme ceux de « Zootopie 2 » qui fait aussi un carton, s’inscrivent de surcroît dans un « contexte pas terrible » de baisse de 13,6 % de la fréquentation en France. « Ces films ont fait leur succès seuls », souligne-t-il, sans locomotive devant eux pour les tirer vers le haut. Actuellement en salles, ce sont eux les locomotives. Est-ce mieux que les deux volets précédents ? Si l’on prend le seul exemple de la France, les scores du troisième volet de la saga sont analogues à ceux des deux premiers sur ses deux semaines initiales d’exploitation, avec un « petit fléchissement » en troisième semaine, selon notre spécialiste. Qui précise qu’à l’international, « c’est assez disparate. Aux États-Unis, les chiffres sont en dessous du niveau d’ Avatar : La Voie de l’eau . Dans le reste du monde, on est à moins 30 % sur le troisième week-end, avec cependant de très bons scores en Chine, en Australie, au Brésil, et une hausse au Japon ». Globalement, pour Éric Marti, ce nouvel opus assure « une très bonne tenue » par rapport aux films de 2009 et 2022. Pourquoi cela crée une situation paradoxale ? La saga « Avatar » demeure un cas à part car coutumière de chiffres exceptionnellement hauts. Chaque volet est réalisé avec un budget colossal — on parle de 400 millions de dollars pour « De feu et de cendres », auxquels il faut ajouter 200 millions pour le marketing — et doit cartonner en salles pour devenir rentable. Voilà qui explique qu’on peut lire dans la presse spécialisée que ce nouveau film marche « moins bien » que les précédents. La plupart des blockbusters hollywoodiens rêveraient de n’atteindre que la moitié des recettes du long-métrage, certes, mais ce paradoxe place les futurs volets de la saga en attente. « Rien n’est jamais certain dans cette industrie. Alors nous prenons tous le parti de nous dire que ce troisième volet sera peut-être le dernier. Il faut que ce soit un énorme succès pour que Disney soit convaincu de poursuivre cette aventure… », nous confiait il y a un mois Sigourney Weaver . « S’il continue sur ce rythme, ce volet va intégrer, comme les deux précédents, le Top 10 des plus gros succès de l’histoire du cinéma », tient à relativiser Éric Marti. Qu’est-ce que cela signifie pour l’avenir de la saga ? Pour rebondir sur les propos de Sigourney Weaver, le réalisateur James Cameron nous expliquait, le 21 décembre, qu’il fallait regarder « si le business modèle actuel du cinéma va perdurer » avant de pérenniser les deux prochains volets de la saga prévus en 2029 et 2031. « La fréquentation a baissé de 30 % au fil des années, si cela baisse encore, nous ne pourrons plus avoir les moyens de produire des films tels qu’ Avatar , Dune ou Wicked . Mais si ça reste à ce niveau, et qu’en plus on trouve des moyens pour dépenser moins d’argent lors de la production, nous continuerons… » À ce stade, le film devrait avoir doublé la mise par rapport à son budget dès la fin de cette semaine, et les perspectives de recettes mondiales en fin de carrière de « De feu et de cendres » oscillent entre 1,5 et 1,8 milliard de dollars. C’est moins que les 2 milliards des deux premiers volets, mais le long-métrage devrait tout de même être largement bénéficiaire pour Disney. On peut miser sur le fait que le studio va renouveler sa confiance au cinéaste, mais probablement en renégociant à la baisse les budgets de deux prochains opus…