Un gant de Mike Tyson, un jean de Johnny… La Cité du cuir en Haute-Vienne, un nouveau lieu unique en France

« Ça valait le coup d’attendre ! » En longeant la Vienne, les habitants de Saint-Junien ne peuvent que constater la concrétisation d’un projet pensé depuis une vingtaine d’années dans le quartier des mégisseries. Une ancienne usine de lavage de laine a été transformée pour devenir la Cité du cuir . Une première en France. Cette implantation en Haute-Vienne trouve toute sa légitimité dans un territoire historiquement lié à cet artisanat. « Les premières attestations de la production de cuir à Saint-Junien remontent au Moyen-Âge, explique Anaïs Delage, directrice de l’établissement. Ici, tout le monde connaît au moins un membre de sa famille qui a travaillé dans ce secteur et cette histoire fait battre le cœur de la ville depuis des siècles. » Un hommage au patrimoine local et à un savoir-faire ancestral Il était ainsi temps de rendre hommage à ce patrimoine local et ce savoir-faire ancestral, avec plusieurs pôles gantiers français dont la renommée n’est plus à faire à l’image de la ganterie Agnelle ou bien la présence, non loin, d’un atelier Hermès. Ouverte depuis fin décembre, la Cité du cuir n’est pas seulement tournée vers le passé et veut éviter d’être associée à la représentation d’un musée poussiéreux. Si la première partie du parcours d’exposition est consacrée à la transformation de la peau brute en cuir avec d’impressionnantes machines tels que d’immenses foulons en bois, l’équivalent d’un tambour à machine à laver d’antan, la visite offre également une immersion dans les plus belles créations des entreprises locales. « On ne fait pas que s’accrocher au passé, confirme Anaïs Delage. On s’y accroche pour le célébrer mais on parle du présent. C’est un lieu hybride dans lequel on pourra accueillir des activités, avec la possibilité de faire des workshops, d’attirer des étudiants en art, des designers, des artistes contemporains… » Au détour de la présentation des recettes pour tanner les peaux de différentes couleurs ou bien encore de cuir de patte d’autruche, de crocodile ou encore de varan, plus de 400 gants sont mis en lumière après avoir traversé un espace similaire à un mini-Paris. Ils ont été sélectionnés parmi les 4 000 collectés par la Cité. « Un petit côté people impressionnant » « On apprécie d’autant plus ces productions que, quelques minutes plus tôt, on a pu voir le long et précis travail des artisans pour créer un gant », souligne la directrice. Parmi ces pièces d’exception, certaines rappelleront des souvenirs aux amateurs de sport. A l’image de l’un des gants du célèbre boxeur américain Mike Tyson. D’autres vêtements de cuir portés par des personnalités jalonnent la fin de l’exposition. « Il y a une réplique de la robe portée par l’actrice Zendaya créée par Robert Mercier, la tenue de cavalière qui a illuminé la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques pensée par Jeanne Friot ou bien encore un jean porté par Johnny Hallyday. C’est un espace qui peut aussi permettre d’attirer d’autres publics parce qu’on a un petit côté people impressionnant. » Et les visiteurs sont déjà au rendez-vous : pas moins de 2 400 d’entre eux sont déjà passés en seulement neuf demi-journées d’ouverture. À terme, ils devraient être plusieurs dizaines de milliers chaque année. De bon augure pour l’attractivité touristique du territoire mais aussi pour la visibilité des entreprises du cuir car la boutique de la Cité propose plusieurs centaines de productions locales.