Estefani R. éclate en sanglots. Cette Équatorienne, portant des lunettes et une veste de tailleur, a été remise en liberté, ce mardi, par la chambre de l’instruction de Paris. Cette femme de 32 ans avait été incarcérée en mars dernier, après sa mise en examen à Paris, pour « tentative d’assassinat » commise sur son conjoint. La justice lui reproche d’avoir poignardé cet homme , dans un restaurant du XVIIe arrondissement de Paris, sous les yeux de leur fille de 2 ans. Il est 20h10, le 22 mars, sur l’avenue de Saint-Ouen, quand les secours viennent en aide à John Paul. Les témoins expliquent qu’il a essuyé plusieurs coups de lame portés par Estefani. Le couple se battait dans la cuisine de ce restaurant équatorien. La victime est prise en charge par les pompiers et conduite à l’hôpital Beaujon, à Clichy (Hauts-de-Seine). La suspecte a pris la fuite avec son enfant dans sa poussette. Les forces de l’ordre suivent sa progression grâce à la vidéosurveillance. Et elle est interpellée trente minutes plus tard dans le métro à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) alors qu’elle tente de rentrer chez elle. Les enquêteurs du premier district de police judiciaire se chargent de mener les investigations. Sur place, ils saisissent trois couteaux mais aucun d’eux n’est l’arme du crime. « J’ai dix-huit lésions sur le corps » Devant les policiers et le juge d’instruction, la trentenaire passe aux aveux. Elle explique que cet homme a été violent et qu’elle a agi en légitime défense. « Il a été constaté que j’avais dix-huit lésions sur l’ensemble de mon corps. Je n’ai fait que me défendre », lance cette petite dame. « Je vis en Europe depuis l’âge de six ans et je n’ai jamais eu un mauvais comportement. », ajoute-t-elle. Son avocate rappelle qu’à trois reprises, le juge d’instruction a tenté de lui rendre sa liberté et que la cour a toujours tranché en faveur de la prison. « Cette femme s’est défendue dans un contexte de violence grave. Il est temps de la laisser reprendre sa vie », ajoute Me Noémie Gorin. Le conseil évoque la triste existence de sa cliente, qui a quitté l’Equateur après avoir été violée par son oncle quand elle était enfant, avant d’être victime de violence conjugale lorsqu’elle vivait en Espagne. La suite de la procédure doit passer par une expertise psychologique pour évaluer sa personnalité et sa dangerosité.