Quatre tracteurs ont forcé le passage face à des gendarmes près de La Queue-les-Yvelines ( Yvelines ), touchant un véhicule des forces de l’ordre pour ensuite prendre la direction de Paris ce mercredi 7 janvier dans la matinée, a indiqué la gendarmerie. Selon cette source, les quatre tracteurs avaient fait un dépôt de neige sur la route N12 pour bloquer le trafic au niveau de La Queue-les-Yvelines quand un véhicule de patrouille a tenté d’intervenir. Des sources avaient indiqué initialement qu’un barrage de gendarmerie avait été forcé, mais selon la gendarmerie, c’est ce véhicule unique qui a été poussé, ne causant aucun blessé et des dégâts matériels très légers. Dans plusieurs départements, les gendarmes et forces de l’ordre tentent d’empêcher la formation de convois de tracteurs, qui se mobilisent à l’appel notamment de la Coordination rurale . « On est très étonnés d’un tel déploiement de moyens parce qu’on a dit que la manifestation était pacifique », a déclaré le président du syndicat Bertrand Venteau sur France Inter. « Même en sous-marin par la Seine, on va y arriver. On aura peut-être perdu des troupes, mais on arrivera dans Paris sur des lieux symboliques pour porter nos doléances », a-t-il ajouté. « C’est une guerre d’usure » Alors que les ministres de l’Agriculture des Vingt-Sept sont attendus à Bruxelles dans l’après-midi pour répondre aux préoccupations du monde agricole avant la signature de l’accord avec le Mercosur prévue le 12 janvier , des dizaines de tracteurs sont lancés vers Paris pour y entrer jeudi, en provenance de plusieurs départements, surtout du Sud-Ouest, épicentre de la contestation depuis décembre. Dans le sud du pays, les agriculteurs ont érigé une dizaine de barrages ce mercredi sur les principaux axes autour de Toulouse . Epizootie de dermatose bovine (DNC), cours du blé et prix élevé des engrais, menace d’une concurrence accrue des pays latino-américains… « tant qu’on n’aura pas de réponse », les agriculteurs maintiendront la pression sur Paris et Bruxelles, a déclaré Lionel Candelon, président de la Chambre d’agriculture du Gers et membre de la direction nationale de la Coordination rurale (CR). « C’est une guerre d’usure. On est déterminés à faire le nécessaire pour avoir des réponses et être entendus », a lancé depuis un cortège à l’ouest de la ville rose Pierre Solana, éleveur du Gers de 37 ans. Interdiction des convois Le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis à la FNSEA des annonces d’ici la fin de semaine . Mais même la rallonge budgétaire de 45 milliards d’euros promise dans la future politique agricole commune (PAC) ne devrait pas « faire avaler la pilule du Mercosur » aux agriculteurs, a estimé le député de la Somme François Ruffin. Le préfet de l’Occitanie et de Haute-Garonne, Pierre-André Durand, avait pris en amont de cette mobilisation plusieurs arrêtés d’interdiction, notamment en raison du « risque de troubles à l’ordre public », comme dans une vaste majorité des régions françaises. « C’est une honte, c’est une dictature », s’est insurgé Éric Massou, un responsable de la CR 31, bloqué par les gendarmes avec une douzaine de tracteurs sur l’A68. « On voulait faire un barrage filtrant (sur la rocade). Et puis les gendarmes ont bloqué totalement l’autoroute pour nous et pour les usagers. »