CAN 2025 : mais pourquoi ne fait-il que pleuvoir au Maroc depuis le début de la compétition ?

Les évènements météorologiques rares que traverse la région parisienne ces derniers jours se répercutent également sur le Maroc pendant la CAN . Des épisodes neigeux comme dans la capitale française ont également été observés début janvier proche des montagnes du Moyen Atlas, mais c’est surtout la pluie abondante qui tombe sur le pays depuis que la compétition continentale a commencé le 21 décembre. Des intempéries d’une ampleur notable puisqu’elles interviennent après six ans de sécheresse, qui ont atteint leur apogée il y a deux ans. « L’année agricole 2023-2024 a été la plus sèche jamais enregistrée depuis les années 1960, avec un déficit pluviométrique de près de -46,6 %, situation qui s’est traduite par une rareté et une irrégularité des pluies », explique au Parisien - Aujourd’hui en France la Direction générale de la météorologie marocaine. La plupart des rencontres se sont ainsi déroulées sous la pluie, trempant dans certains stades les spectateurs ayant pris place dans les zones non couvertes. D’autres en ont profité pour assister à des matches sans billet dans les travées les plus exposées, peu remplies en raison de la pluie battante, comme lors de la rencontre entre la Tunisie et l’Ouganda au Stade olympique de Rabat, le 23 décembre (3-1). De fortes pluies causées par le dérèglement climatique A l’origine de cette situation quasi inédite, le jet stream (ou « courant jet » en français), un courant aérien rapide en haute altitude. Si celui-ci circule habituellement dans l’hémisphère Nord, excluant le Maroc de sa zone d’influence, il connaît de fortes ondulations qui l’amènent à toucher des territoires plus au Sud. En cause : le dérèglement climatique, qui en réchauffant le pôle Nord réduit la vitesse du jet stream. Professeure émérite à l’Université de Clermont-Auvergne associée au Laboratoire de Météorologie Physique du CNRS, Andrea Flossmann file une métaphore mécanique pour expliquer le phénomène en comparant le jet stream à un moteur. « Ce moteur est en train de ralentir, donc la possibilité augmente que certains « bras » du jet stream s’échappent vers le sud », explique la chercheuse. « Cela entraîne des pluies diluviennes sur de longues périodes », complète Flossmann, en donnant comme illustration de ces perturbations les inondations survenues à Valence les 29 et 30 octobre 2024, qui avaient fait 237 victimes. Le Maroc a également connu des inondations meurtrières à Safi, une commune portuaire située sur la Côte Atlantique où au moins 37 personnes sont décédées après de fortes intempéries survenues le 14 décembre. Si la rencontre entre l’Algérie et la RDC ce mardi après-midi a été l’une des premières de la phase à élimination directe à ne pas se dérouler sous la pluie, les précipitations pourraient reprendre à Rabat à partir de mardi prochain selon les dernières prévisions météo.