« Elle était à portée des enfants » : à Creil, les dealers cachaient la drogue dans l’aire de jeux

Une nouvelle fois, les juges du tribunal de Senlis ( Oise ) ont eu à examiner, ce mercredi 7 janvier, un dossier de trafic de stupéfiants aux alentours de la tour Descartes à Creil. Un point de deal bien connu dans la ville , contre lequel les forces de l’ordre mènent une lutte soutenue. « L’année dernière, plus de 50 interventions ont été menées sur ce point de deal », souligne le procureur de la République de Senlis, Loïc Abrial. C’est justement dans ce cadre que les policiers de Creil ont mis en place une surveillance le 5 novembre dernier de 10 heures à 15 heures près de la tour Descartes. Ils ne tardent pas à remarquer Leevans B., 23 ans, déjà bien connu de leurs services, qui semble jouer le rôle de rabatteur pour des clients à la recherche de cannabis. Plusieurs caches sur l’aire de jeux Les consommateurs sont envoyés vers Jacques V., 24 ans, dans un square voisin de la tour, une aire de jeux pour enfants que les dealers utilisent pour dissimuler leur marchandise, dans des buissons ou dans des poubelles. Deux clients de cette journée vont être arrêtés et mettre en cause le duo, Leevans B. dans le rôle du rabatteur, Jacques V. dans celui du vendeur. Les deux compères sont interpellés à l’issue de cinq heures de surveillance, une quantité de 80 g de cannabis est découverte dans différentes caches de l’aire de jeux . « Elle était à portée des enfants », précise la présidente de l’audience. En garde à vue, Jacques V. prétend n’être qu’un consommateur venu à Creil pour acheter, et que la drogue retrouvée dans les buissons ne lui appartient plus. On n’en apprendra pas davantage puisque après sa remise en liberté, ce sans domicile fixe s’est évaporé dans la nature et ne s’est pas présenté à l’audience de ce mercredi. « Ça ne veut pas dire que je suis un trafiquant » Leevans B., placé en détention, assiste, par la force des choses, à l’audience à distance, par le biais d’une visioconférence. « J’étais posé dans mon quartier, près de la tour Descartes, ça ne veut pas dire que je suis un trafiquant », argumente le jeune homme. S’il reconnaît être un consommateur , il n’aurait fait qu’indiquer une direction. « Les clients qui me reconnaissent, je leur ai juste dit que je n’avais pas ce qu’ils cherchaient et que s’ils continuaient à marcher, ils trouveraient. » Sans emploi, sans domicile fixe, Leevans B. possède pourtant deux téléphones. « J’ai touché un héritage de ma mère », justifie le jeune homme. « Dans ce dossier, nous avons deux employés du trafic de drogue autour de la tour Descartes, estime pour sa part le procureur de la République, Loïc Abrial. Ils continuent à protéger les trafiquants en ne collaborant pas avec la justice. » « Les constatations portent sur quelques heures, il ne faut pas condamner Leevans B. pour l’ensemble du trafic à Descartes, il souhaite sortir de cet environnement », plaide l’avocat du prévenu, Me Marc Sadoudi. Le tribunal a condamné Leevans B. à huit mois de prison ferme avec maintien en détention. Jacques V. a été condamné à dix-huit mois de prison ferme et a délivré un mandat d’arrêt à son encontre. Il est également interdit de séjour dans l’Oise pour une durée de cinq ans.