Au cœur de Crans-Montana, ville endeuillée et silencieuse qui cherche ses mots

Qu’il soit imputable à la stupéfaction ou à une recommandation officielle, le mutisme prévaut dans la station alpine. Faute de paroles, il reste l’observation et les écrits qui, partout, font écho au drame Depuis l’Etang long, au centre de Crans-Montana, il est difficile de rester insensible à la vue panoramique comprenant, au-delà de la vallée du Rhône en contrebas, la couronne impériale du val d’Anniviers et les sommets du Cervin ou de la Dent-Blanche. Les pics enneigés sont découpés dans le ciel bleu, comme insensibles au temps qui s’écoule, aux drames qui se déroulent là où vivent les hommes. Quittant ce dégagement, il suffit de remonter la rue Centrale pour constater ce qu’il reste d’un de ces drames. Un bar, Le Constellation, qui a brûlé et provoqué la mort de 40 jeunes, trois fois plus de blessés. L’établissement est enveloppé d’un linceul blanc; il ne reste plus rien de la joie qui a pu y avoir cours, des déclarations d’amour et d’amitié qui s’y sont échangées, comme on peut le faire à 20 ans. Voir plus