Un quinquagénaire, déjà mis en examen pour le meurtre de sa femme en 2016, accusé d’avoir violé sa fille pendant plus d’une décennie

Il a mené sa vie de famille pendant des dizaines d’années, sans jamais être inquiété. Mais dix ans après la mort de sa femme, pour laquelle il est mis en examen, Bruno M., un homme de 58 ans, est désormais soupçonné d’avoir abusé de sa propre fille , aujourd’hui âgée de 22 ans, pendant plus d’une décennie, a appris Le Parisien du parquet de Saumur, confirmant une information de Ouest-France. Le quinquagénaire est mis en examen depuis 2020 pour le meurtre de sa compagne, Anne Cevaer, retrouvée morte le 27 novembre 2016 dans leur logement situé à Saint-Clément-des-Levées, non loin de Saumur ( Maine-et-Loire ). Mais désormais, il est mis en cause dans un deuxième dossier criminel. Des abus quasi-quotidiens En mai 2025, la fille de Bruno M. avait déposé plainte contre son père, l’accusant d’agressions sexuelles et de viols. Devant les policiers, elle avait raconté l’horreur que Bruno M. lui a fait subir pendant douze années, de ses cinq ans à ses dix-sept ans. Toute petite, son père lui aurait imposé des caresses sur le sexe et des pénétrations digitales lors de ses bains, selon la jeune femme, qui raconte que l’homme a partagé son lit jusqu’à ses douze ans, profitant des nuits pour abuser d’elle. Mais les faits ne s’arrêtent pas là. Quand sa fille a 12 ans, Bruno M. « émet le souhait de la dépuceler » et lui impose, à partir de ce moment-là, des relations sexuelles quasi quotidiennes, « parfois avec des sex-toys », selon la présidente de la chambre de l’instruction. Et quand l’adolescente refuse, son père lui fait du chantage au suicide ou lui offre de l’argent. Avant sa plainte, la jeune femme avait déjà dénoncé, à l’adolescence, les abus de son père. Si elle avait été placée en 2016, elle est retournée vivre chez son père quelques mois plus tard, après la mort de sa mère. À l’époque, Bruno M. n’avait pas encore été mis en examen. Dans le huis clos familial, le père avait recommencé à violer sa fille. Remis en liberté Lors de sa garde à vue, le quinquagénaire n’a pas contesté les faits. Et il a livré une explication, difficilement entendable. Il a expliqué être « tombé amoureux » de sa fille et avoir « voulu l’éduquer sexuellement », selon nos informations. Présenté à un juge d’instruction, le 19 décembre dernier, Bruno M. a reconnu une nouvelle fois les faits. Il a été mis en examen pour « viols incestueux » et « agressions sexuelles » et placé en détention provisoire. Mais il a fait appel. Ce mercredi 7 janvier, l’homme a donc comparu devant la chambre de l’instruction et a réclamé sa remise en liberté, arguant qu’il n’était dangereux pour personne et qu’il n’avait plus aucun contact avec sa fille. La chambre de l’instruction n’a pas suivi les réquisitions du parquet général de la Cour d’appel d’Angers qui demandait son maintien en détention provisoire et a accepté sa remise en liberté, ordonnant son placement sous contrôle judiciaire. La thèse du suicide un temps privilégiée Le 10 décembre, la Chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Angers a confirmé le renvoi devant la cour d’assises de Maine-et-Loire de l’homme pour le meurtre de son épouse il y a dix ans. Le quinquagénaire, qui nie les faits, a déposé un pourvoi en cassation. Le 27 novembre 2016, Anne Cevaer, la compagne de Bruno M., âgée de 53 ans, avait été découverte dans une mare de sang, tuée d’un coup de fusil, à l’intérieur de leur domicile situé à Saint-Clément-des-Levées, près de Saumur (Maine-et-Loire). Dans un premier temps, la thèse du suicide avait été envisagée, Anne Cevaer souffrant de dépression. La quinquagénaire, qui avait été hospitalisée à plusieurs reprises, avait déjà évoqué des envies suicidaires. Mais au cours des investigations, les soupçons des enquêteurs ont fini par se porter sur son compagnon, Bruno M. Il faudra encore attendre la décision de la Cour de cassation, mais s’il est renvoyé devant les assises pour le meurtre de sa conjointe, l’homme encourt la réclusion criminelle à perpétuité.