Une décision « confirmé en tous points ». Près de trois ans après la disparition de Karine Esquivillon, une mère de famille de 54 ans, son ancien compagnon, Michel Pialle, sera bien jugé devant la cour d’assises de Vendée pour « meurtre par conjoint », a appris le Parisien, ce jeudi, confirmant une information de nos confrères de Ouest-France . Dans un arrêt rendu le 6 janvier, « la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Poitiers a (…) confirmé en tous points l’ordonnance de mise en accusation du juge d’instruction », indique le parquet général de la cour d’appel de Poitiers. Le procès de Michel Pialle est prévu au « deuxième semestre 2026 », précise l’instance. Le scénario d’un départ volontaire Le 24 juillet dernier, à l’issue de deux ans d’investigations, la procureure de la République de La Roche-sur-Yon a requis le renvoi de Michel Pialle devant la cour d’assises de Vendée, selon les informations révélées à l’époque par Le Parisien. Suivant les réquisitions du parquet, un juge d’instruction a rendu, début septembre, une ordonnance de mise en accusation pour « meurtre par conjoint ». En revanche, « l’enlèvement et la séquestration » de Karine Esquivillon n’ont pas été retenus. Le 27 mars 2023, Karine Esquivillon, une femme de 54 ans, mère de cinq enfants, s’était subitement volatilisée de Mâché, en Vendée, où elle résidait. C’est son compagnon, Michel Pialle, avec qui elle était séparée mais avec qui elle vivait quand même, qui avait signalé sa disparition quelques jours plus tard, au début du mois d’avril, auprès des gendarmes. Devant les enquêteurs, mais aussi auprès des journalistes, dont Le Parisien , Michel Pialle avait dessiné le scénario d’un départ volontaire de son épouse. « Elle en avait ras le bol de la Vendée, et elle a parlé à tout le monde de partir vers le Sud », avait-il expliqué à l’un de nos journalistes. L’homme avait également multiplié les appels sur les réseaux sociaux. « Les enfants te souhaitent une bonne Fête des mères, ils t’aiment et tu leur manques beaucoup ! », avait-il notamment écrit sur Facebook en juin 2023. Un « accident bête et con » Mais certains des proches de Karine Esquivillon n’ont jamais cru à cette thèse. Ses enfants et sa sœur avaient décrit une mère casanière, très attachée à sa famille, sans aucune volonté réelle de partir et surtout terrorisée par son mari. Au fil des semaines, l’étau s’était resserré autour de Michel Pialle. En juin 2023, l’homme avait été placé en garde à vue. Poussé dans ses retranchements, l’ancien architecte reconverti dans la vente en ligne avait fini par avouer être à l’origine de la mort de son épouse, affirmant qu’il s’agissait d’un accident. Il avait expliqué l’avoir tué en manipulant une carabine 22 Long Rifle, qu’il voulait photographier pour la mettre en vente. Un « accident bête et con », avait-il déclaré. Dans la foulée, Michel Pialle avait conduit les enquêteurs jusqu’au corps de son épouse, dissimulé dans un bois près de Challans. Déjà condamné à onze reprises pour des faits d’escroqueries, de vols, de violences et d’abandon familial, Michel Pialle est décrit par son entourage comme un manipulateur, mythomane et dominateur. Les experts psychiatriques, eux, ont décrit une personnalité narcissique, froide, sans empathie, capable de manipuler son entourage. « Gagner du temps » Malgré sa mise en examen pour « meurtre par conjoint », Michel Pialle maintient sa version, celle d’un accident. Mais pour le parquet de La Roche-sur-Yon, sa version ne tient pas. L’homme a « construit un scénario de départ volontaire pour gagner du temps et dissimuler le corps », selon le parquet, qui pointe des messages envoyés avec le téléphone de Karine Esquivillon, les 14 et 27 mars, porteurs de la signature orthographique de son mari. Pour le parquet, Michel Pialle a également organisé méthodiquement la dissimulation du meurtre de sa femme , en achetant au préalable des sacs-poubelles, en transportant le corps sur un skateboard, en démontant et en immergeant l’arme du crime et dispersant des affaires de la défunte. D’autant que, selon l’autopsie et l’expertise balistique, la trajectoire de la balle qui a tué Karine Esquivillon ne correspond pas aux explications livrées par Michel Pialle. Des éléments qui seront très certainement abordés par la cour d’assises de Vendée lors de son procès, pour lequel il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.