« Une violence de plus » : dans l’Oise, un collectif réclame l’annulation du spectacle d’Ary Abittan

Brigitte Macron les qualifierait-elle de « sales connes » ? À l’image de ces militantes, insultées par la Première dame alors qu’elles avaient perturbé le retour sur scène d’Ary Abittan au début du mois de décembre, un collectif féministe de l’Oise réclame l’annulation de la venue de l’humoriste de 51 ans, dont le spectacle est programmé le 7 février prochain au Tigre de Margny-lès-Compiègne. Ce mouvement interassociatif est composé de l’Union des Féministes de l’Oise, le planning familial, Nous Toutes Beauvais, Clin d’œil LGBTQI +, ou encore les syndicats CGT, FSU et Solidaire étudiant·es Compiègne. Tous reprochent à Ary Abittan d’avoir été mis en cause pour des violences sexuelles, d’adopter, selon elles, un discours inversant la culpabilité et de continuer à être programmé sans avoir engagé de démarche de remise en question. « Culture du viol » Pour ce collectif, il n’est « plus possible de mettre sous les feux des projecteurs des briseurs de vie ». Pour elles, cette programmation participe à une forme d’impunité et interroge la responsabilité des acteurs culturels, au-delà de la seule décision judiciaire. Pour rappel, après deux plaintes déposées contre lui pour violences sexuelles, Ary Abittan a bénéficié d’un non-lieu . Une décision qui ne l’innocente pas mais signifie que les faits n’ont pas pu être suffisamment établis par la justice. Le communiqué rappelle qu’« une femme a dénoncé le viol qu’elle a subi (…) en fournissant des preuves matérielles et des expertises médicales », et qu’« une autre témoigne, avec preuve vidéo, avoir été embrassée de force lors d’une émission ». Les associations regrettent également que l’artiste « n’ait entamé aucun processus de remise en question ou de réparation » et dénoncent le fait qu’il se fasse « passer pour la victime ». Dans leur communiqué, le collectif explique « ne pas vouloir remplacer les instances judiciaires », mais appelle les programmateurs et artistes à « prendre leurs responsabilités au nom de la dignité humaine ». Ils dénoncent ce qu’ils qualifient de « culture du viol » , définie comme l’ensemble des mécanismes qui « visent à minimiser, normaliser, invisibiliser, voire encourager le viol et l’ensemble des violences faites aux femmes et aux minorités de genre ». Les signataires pointent particulièrement « l’inversion de la culpabilité dans le discours médiatique », estimant que « l’agresseur devient la victime dont la carrière a été malmenée », tandis que « la victime réelle est oubliée, voire pire, accusée de mentir ». Ils jugent cette inversion « insupportable » et considèrent qu’elle constitue « une violence de plus ».