Les Premiers ministres Ousmane Sonko et El Moctar Ould Djay ont présidé jeudi à Dakar une rencontre de haut niveau marquant une nouvelle étape dans le renforcement du partenariat bilatéral entre le Sénégal et la Mauritanie. Cette visite de travail de deux jours du chef du gouvernement mauritanien intervient moins de trois mois après sa précédente mission à Dakar en octobre 2025, témoignant de la vitalité exceptionnelle du dialogue entre les deux nations voisines. Un dialogue politique revitalisé Dans une atmosphère empreinte de cordialité, les deux dirigeants se sont d’abord entretenus en tête-à-tête avant d’élargir les discussions à leurs délégations respectives. Au terme de ces échanges, le ministre mauritanien des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Merzoug, et son homologue sénégalais, Cheikh Niang, ont lu le communiqué conjoint devant la presse axé sur l’intensité et la qualité du dialogue politique entre Dakar et Nouakchott. « Les deux Premiers ministres se sont félicités de la vitalité du dialogue politique, illustrée par la fréquence des échanges entre nos chefs d’État et nos autorités gouvernementales », a déclaré le chef de la diplomatie mauritanienne, qui parle d’une « entente parfaite entre les deux nations ». Pour pérenniser cette dynamique, les deux parties ont décidé de réactiver le groupe de pilotage interministériel recommandé par la 13e session de la Grande Commission mixte de coopération, structure clé pour le suivi de la mise en œuvre des accords bilatéraux. Grand Tortue Ahmeyim : le symbole d’une coopération énergétique exemplaire L’énergie a occupé une place centrale dans les discussions, avec un focus particulier sur le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), véritable joyau de la coopération sénégalo-mauritanienne. Les deux délégations ont rappelé la cérémonie historique du 22 mai 2025, lorsque les présidents Bassirou Diomaye Faye et Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani se sont rendus conjointement sur la plateforme offshore pour marquer le démarrage de la production. « Ce projet stratégique partagé représente bien plus qu’une simple exploitation gazière. C’est le symbole de notre capacité à valoriser ensemble nos ressources communes au bénéfice de nos populations », a souligné le ministre Cheikh Niang. Les parties se sont engagées à accélérer la finalisation des projets relatifs aux aménagements hydroagricoles et hydroélectriques, renforçant leur interdépendance énergétique pour un développement durable. Mines et industrie : transformation locale et exploitation responsable Dans le secteur minier, Dakar et Nouakchott ont exprimé leur volonté de renforcer la coopération en matière de recherche et d’exploitation responsable des ressources. L’accent a été mis sur la traçabilité et la sécurité de la production, notamment pour l’exploitation artisanale et semi-industrielle. « Nous partageons une vision commune du développement industriel qui privilégie la transformation locale de nos ressources, le renforcement du contenu local et des chaînes de valeur, ainsi que le transfert de compétences entre nos deux nations », a précisé Mohamed Salem Ould Merzoug. Commerce : lever les obstacles pour dynamiser les échanges La promotion du commerce bilatéral a également figuré en bonne place dans les discussions. Pour concrétiser l’accord de coopération commerciale signé lors de la deuxième session de la Grande Commission mixte, les deux parties ont décidé de mettre en place le comité économique mixte de coopération commerciale. Cheikh Niang a salué la levée, depuis le 1er novembre 2025, de la restriction sur la circulation des poids lourds, « une mesure concrète qui facilitera grandement les échanges transfrontaliers ». La création d’un bureau de fret et d’une plateforme logistique conjointe devrait également amplifier cette dynamique. Infrastructures : la route Nouakchott-Rosso comme vecteur d’intégration Le projet de bitumage de la route Nouakchott-Rosso, en cours de réalisation dans le cadre de l’OMVS, a reçu une attention particulière. Cette infrastructure stratégique facilitera la mobilité, améliorera l’intégration sous-régionale et stimulera l’expansion du commerce bilatéral. Les ministres en charge des infrastructures et des transports ont reçu instruction de lever tous les obstacles pour faciliter la livraison des équipements nécessaires aux grands projets. Pêche, élevage et santé : des défis communs, des réponses coordonnées S’appuyant sur la convention relative à la pêche et à l’aquaculture du 25 février, les deux pays ont décidé d’élargir leur collaboration pour combattre la pêche illicite. Un projet régional d’envergure sera lancé prochainement, centré sur la création de campements communautaires d’élevage le long de la vallée du fleuve Sénégal. Face à la progression de la fièvre de la Vallée du Rift, les ministères de la Santé et de l’Élevage ont été appelés à renforcer leur coopération en mutualisant leurs moyens de réponse, de prévention et de sensibilisation. La modernisation de la transhumance transfrontalière passera par la mise à jour des protocoles de 2006 et 2013 réglementant cette pratique ancestrale. Sécurité : extension de la coopération militaire Si la coopération militaire entre les deux pays est déjà qualifiée d’exemplaire, avec des opérations conjointes et des échanges réguliers, Dakar et Nouakchott ont convenu d’étendre cette collaboration à l’ensemble des forces de défense et de sécurité. « Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires croissants, notre partenariat bilatéral constitue un modèle de stabilité et de coordination efficace », a affirmé Mohamed Salem Ould Merzoug. Intégration des communautés et facilitation de la mobilité Reconnaissant les liens culturels et humains anciens qui unissent les deux peuples, les délégations se sont engagées à poursuivre l’intégration socio-économique des communautés établies de part et d’autre de la frontière... www.dakaractu.com