« Tout d’un coup, il est parti. Il est devenu tout flasque. Plus aucune réaction. Le blanc de l’œil commençait à se voir. » Ce jeudi, à la barre de la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine qui la juge depuis lundi , Zahia G. raconte les heures qui ont précédé le malaise de l’enfant de quatre mois qu’elle gardait chez elle à Courbevoie . Un bébé qu’elle est accusée d’avoir secoué jusqu’à provoquer des lésions très graves qui laisse le petit, devenu adolescent, handicapé à vie. Le drame remonte à février 2011. L’accusée est jugée quinze ans après les faits à cause d’un enchaînement de péripéties judiciaires. Cette femme, âgée maintenant de 55 ans, reste marquée par le drame et surtout les accusations portées contre elle. « Je ne suis pas le monstre qu’on décrit », s’indigne-t-elle avec émotion quand l’avocat de la partie civile, Me Frédéric Bibal, l’interroge sur « la panique » qui aurait pu la submerger ce matin de février devant le petit en train de « partir ».