C’est une nouvelle qui n’a pas fini de faire parler. L’écrivain franco algérien Boualem Sansal , 81 ans, qui a été emprisonné de longs mois en Algérie, est officiellement candidat au fauteuil numéro 3 de l’Académie française, a-t-on appris de son éditeur Gallimard confirmant une information du « Figaro »… L’élection est prévue pour le jeudi 29 janvier prochain. Auteur notamment du remarqué « Le village de l’Allemand » (prix RTL-Lire 2008) et de « 2084. La fin du monde » (Grand Prix du roman de l’Académie française 2015), Boualem Sansal a envoyé un courrier à l’écrivain franco-libanais Amin Maalouf, secrétaire perpétuel de l’Académie depuis trois ans, l’informant qu’il était candidat au fauteuil numéro 3, laissé vacant depuis le décès de Jean-Denis Bredin en 2021. « Le Figaro » rappelle qu’Yves-Denis Delaporte, Jean-Yves Gerlat, Philippe Leuckx, Olivier Mathieu, Pascale Cossart, Isaline Remy et Eduardo Pisani avaient déjà postulé il y a quelques semaines. Mais lors de l’élection à ce fauteuil en décembre dernier, aucun d’entre eux n’avait obtenu la majorité nécessaire pour prétendre devenir un immortel. Une symbolique particulière Cette candidature revêt une dimension symbolique particulière, intervenant quelques semaines seulement après la libération de l’écrivain . Boualem Sansal avait été arrêté le 16 novembre 2024 en Algérie et condamné, en mars 2025, à cinq ans de prison ferme pour « atteinte à l’unité nationale ». Il n’a retrouvé la liberté qu’en novembre 2025, après une grâce présidentielle accordée par Abdelmadjid Tebboune à la demande de son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier. Les liens entre Boualem Sansal et l’Académie française se sont renforcés ces dernières années. En 2024, l’institution lui avait dédié sa séance publique annuelle, un honneur rare. Suite à son arrestation, l’académicien Jean-Christophe Rufin avait même appelé à son élection en urgence, proposition qui n’avait toutefois pas abouti à l’époque. En décembre 2025, peu après sa libération, Sansal a reçu le prestigieux Prix mondial Cino Del Duca, décerné par l’Académie française, venant couronner l’ensemble de son œuvre. Dans un contexte de tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie, cette candidature prend également une dimension politique.