Balavoine, 40 ans déjà : clash avec Mitterrand, coups de gueule… Le succès d’un chanteur « engagé et enragé »

Nous sommes le 19 mars 1980, sur le plateau du journal d’Antenne 2. Costume cintré, cravate rouge, François Mitterrand , leader du Parti socialiste, s’exprime longuement sur la situation politique du pays. Autour de la table, journalistes et invités l’écoutent sans oser l’interrompre. « Je peux partir, hein ! Ça fait trois quarts d’heure que je suis là et que je m’ennuie à entendre des bêtises, lance soudain une voix, hors champ. J’ai pris plein de notes mais je sais que je n’aurai pas le temps, j’aurai juste le temps de me mettre en colère, juste le temps d’apparaître pour un petit merdeux qui fout la pagaille partout. » Daniel Balavoine s’emporte. Longs cheveux bruns bouclés, blouson en cuir marron et chemise en jean, le chanteur détone sur le plateau. Mitterrand lui cède la parole. La voix ferme, mais où l’on perçoit son stress, il dénonce les conditions d’accueil des travailleurs immigrés, la détresse des jeunes qui se sentent abandonnés. « Ce que je peux vous dire, c’est que la jeunesse se désespère, qu’elle n’a plus d’appui, elle ne croit plus en la politique française et je pense qu’elle a, en résumant un peu, bien raison, poursuit l’artiste du haut de ses 28 ans. Le désespoir est mobilisateur et quand il est mobilisateur, il devient dangereux. » Son coup de gueule est un moment de télévision.