À quelques heures du coup d’envoi du quart de finale de la Coupe d’Afrique des nations entre l’ Algérie et le Nigeria, disputé ce samedi 10 janvier au soir à Marrakech, la préfecture de police de Paris a sorti l’artillerie lourde. Un arrêté préfectoral, publié mardi 7 janvier, interdit tout rassemblement et manifestation dans un vaste périmètre du centre de Paris jusqu’à dimanche matin. Les mesures sont strictes. Depuis vendredi 9 janvier 18 heures jusqu’au dimanche 11 janvier à 6 heures, « toute manifestation sur la voie publique à caractère revendicatif, festif ou sportif » est interdite dans une zone étendue qui englobe notamment les Champs-Élysées, la place de l’Étoile, le jardin des Tuileries et remonte jusqu’à la porte Dauphine et la porte Maillot. L’arrêté vise également les « rassemblements de personnes » susceptibles de troubler l’ordre public. Un second arrêté préfectoral autorise dans la capitale « l’enregistrement et la transmission d’images au moyen de caméras installées sur des aéronefs du 9 au 11 janvier ». L’utilisation de drones doit permettre, selon les pouvoirs publics, « de disposer d’une vision en grand angle tout en limitant l’engagement des forces au sol, et le cas échéant, d’organiser de manière réactive et efficace leur déploiement opérationnel, notamment en cas de mouvement de foule ou d’actions violentes ». « Débordements » Cette décision intervient juste après les débordements survenus mardi soir à Paris et dans plusieurs grandes villes françaises, lors de la qualification épique de l’Algérie pour les quarts de finale. Dans le quartier de Barbès, un rassemblement festif avec fumigènes avait obligé la RATP à fermer la station de métro pendant une heure, entre 20h30 et 21h30. Les scènes étaient similaires à Lyon, Marseille, Lille, Roubaix ou encore Toulouse. Dans le Nord, des mortiers d’artifice ont été tirés vers les policiers à Lille, blessant légèrement l’un d’eux. À Roubaix, malgré un dispositif de sécurité renforcé avec blocs de béton et restrictions de circulation, des tensions ont éclaté entre la foule et les forces de l’ordre. Plusieurs véhicules et poubelles ont été incendiés. À Toulouse, quatre véhicules sont partis en fumée. Face à cette escalade, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a adressé vendredi une missive à l’ensemble des préfets du pays . S’il reconnaît que « des rassemblements spontanés sont régulièrement observés sur la voie publique, témoignant de l’engouement collectif entourant cette Coupe », il rappelle surtout qu’ils « ont pu générer des débordements, notamment à l’occasion de la victoire de l’Algérie ». « Application ferme » des mesures de sécurité Le ministre demande aux préfets de « mobiliser l’ensemble des pouvoirs de police administrative à leur disposition », en particulier « en permettant de lutter contre l’usage détourné des moyens pyrotechniques et mortiers d’artifice ». Il insiste également sur « une application ferme » des mesures d’éloignement à l’encontre des étrangers ayant troublé l’ordre public. Si les dispositifs « sont à la main des préfectures », rappelle le ministère de l’Intérieur, Laurent Nunez a fait savoir qu’il entendait que les événements post match soient gérés « avec beaucoup de fermeté, aucun trouble ne devant être toléré », indique-t-on place Beauvau. À Paris, les forces de l’ordre seront massivement déployées dans les secteurs sensibles ce samedi soir. La circulation et le stationnement seront également perturbés dans le périmètre concerné. Les contrevenants à l’arrêté s’exposent à des sanctions pénales. Plus au sud, et pour éviter les incidents, la préfecture des Bouches-du-Rhône a quant à elle décidé de son côté d’interdire le stationnement à partir de 17 heures et la circulation des véhicules à moteur de 18 heures à minuit sur une partie du Vieux-Port à Marseille. Au nord, la ville de Roubaix renouvelle également son arrêté pour interdire la circulation dans certains secteurs. Si l’Algérie se qualifie, des mesures semblables pourraient être reconduites pour les demi-finales du 14 janvier.