« On a regardé Amiens droit dans les yeux » : le FC Montreuil quitte la Coupe de France la tête haute

Au coup de sifflet final, Ilyes Dos Santos tombe à terre et frappe le terrain synthétique des deux mains. La frustration se lit chez le milieu offensif du FC Montreuil auteur d’un match remarquable. Son équipe de R1, Petit Poucet (avec Bayeux), vient de s’incliner (2-4) ce samedi face aux pros d’Amiens en 16e de finale de Coupe de France. Le rêve de devenir le premier club de R1 (6e niveau national) à atteindre les 8es de finale de la Coupe de France depuis l’US Montagnarde en 2002 est passé. Pourtant Ilyes Dos Santos avait mis sur orbite le club de Seine-Saint-Denis au bout de seulement 15 secondes de jeu après une superbe chevauchée sur le côté droit puis un centre millimétré pour Anthony Adel. Mais les Amiénois ont rapidement inversé la tendance pour finalement l’emporter malgré de nombreuses opportunités gâchées dans les rangs montreuillois. « J’ai vécu des émotions indescriptibles, confie Anthony Adel, auteur d’un but et d’une passe décisive après avoir été le héros au 7e tour et en 32e de finale en marquant le but vainqueur. Quand je marque, j’entends le stade rugir, j’avais l’impression de me trouver dans une enceinte de 10 000 personnes tellement il y avait du bruit. C’est dommage d’être passé en très peu de temps de la joie à la déception. » « Mais je retiens la fierté d’avoir emporté ma ville jusqu’ici et mes petits frères dans l’équipe avec lesquels j’ai grandi, ajoute-t-il. Ma famille était au stade comme des anciens de mon quartier. C’était génial ! » À ses côtés, l’ancien gardien pro (99 en L2 et un en L1) Oumar Sissoko digérait la déception. « Il y a beaucoup de regrets et de frustrations. Il nous a manqué la finition et l’efficacité contrairement à nos adversaires, déclare l’ex-Messin. C’est la différence entre le monde amateur et les pros. Cette rencontre a ravivé des souvenirs. Jouer des pros dans un stade plein avec une belle ambiance… On ne doit pas oublier notre beau parcours avant cette élimination en 16e de finale. Après avoir remercié leur public et chantés avec celui-ci au son de « Montreuil FC, tous ensemble on chantera » puis salués leur famille, les joueurs du FC Montreuil rentrent à leur vestiaire. Ils sont suivis par une trentaine d’Ultras des Narvalos , le mini-kop qui a encouragé son équipe et parfois insulté son adversaire qui a valu un arrêt de la rencontre durant une minute. Le président Abdoulaye Sow prend alors la parole. « Bravo pour cette belle aventure en Coupe de France. Vous êtes des héros, je vous aime mes joueurs. Merci aux Ultras, vous êtes dans nos cœurs. » Après des applaudissements nourris, chacun rejouait le match et les nombreuses occasions manquées. « Ce n’est pas rien de rivaliser avec une L2. On n’a jamais baissé les bras même si c’est dur d’être éliminé après avoir eu plus d’occasions que son adversaire, indique Idriss Kadded, auteur ce samedi son 16e but de la saison. On a eu l’impression de jouer un match de pro au vu de l’adversaire et de l’ambiance » « Il n’y a pas regrets car on a regardé Amiens droit dans les yeux », insiste l’entraîneur Samy Guenfoud. Ali Sidhoum, le principal actionnaire du club de la Seine-Saint-Denis positivait après ce long parcours. « Les joueurs ont été héroïques. J’ai une immense reconnaissance envers eux, appuie le chef d’entreprise. Les supporters ont été magiques. La tribune a été animée du début à la fin. » Dans le camp d’en face, les Amiénois ont salué leur adversaire après leur avoir laissé leur part de recette d’un montant de 2000 euros. « Je n’ai pas été surpris, cette équipe avait déjà éliminé une N2 et une N3. Elle a de la qualité. J’avais dit à mes joueurs de ne pas trouver d’excuses et Quelles que soient les conditions, il fallait qu’on fasse respecter la hiérarchie. Et c’est ce qu’on a fait. »