« Un climat de terreur » : après l’affaire Legrand-Cohen, parano à tous les étages dans l’audiovisuel public

C’est un bistrot de quartier comme il en existe des dizaines à Paris. Au Coucou, en ce matin enneigé de janvier, les clients défilent, passant avec indifférence devant une table ronde entourée de quatre chaises qui donnent sur l’avenue de Ségur (VIIe). Anodin, ce mobilier a pourtant servi de point de départ à l’une des plus rocambolesques affaires d’espionnage de l’histoire du paysage audiovisuel français. « Dans l’équipe, on la surnomme la table (Patrick) Cohen », sourit d’ailleurs Johanna, la patronne du café. C’est en effet autour d’elle que conversaient en juillet dernier le célèbre éditorialiste du service public, son confrère Thomas Legrand , et deux responsables du Parti socialiste. Un échange filmé à leur insu par un mystérieux individu attablé à quelques mètres d’eux ce jour-là. « Un type qui lisait son journal », croit se souvenir Patrick Cohen, sans aucune certitude. Une scène digne d’un polar.