Une élimination dans la polémique. Samedi soir, quelques instants après leur défaite face au Nigeria en quarts de finale de la CAN 2025 (0-2) , les joueurs algériens ont vivement protesté contre l’arbitrage, s’estimant lésés par les décisions d’Issa Sy, l’officiel sénégalais en charge de la partie. Très virulents contre l’homme au sifflet - au point de le chahuter lui et ses assistants jusqu’à l’entrée de leur vestiaire -, les Fennecs, largement dominés sur l’ensemble de la rencontre, considèrent qu’ils auraient dû bénéficier d’un pénalty à la 12e minute de la rencontre . En cause : un centre de Farès Chaïbi dévié de la main par Junior Ajayi dans sa propre surface de réparation. Insuffisant pour pousser M. Sy, pas alerté par ses arbitres VAR, à désigner le point de pénalty. « Je déteste parler d’arbitrage après une défaite mais… c’est vrai qu’il y avait pénalty pour nous en première mi-temps », a dénoncé Riyad Mahrez, le capitaine des Verts , en zone mixte. « Tout le monde a vu ( la main nigériane ) », a-t-il assuré, sur la même lignée que son coéquipier Rayan Aït-Nouri. « L’arbitre doit siffler en première mi-temps sur le centre de Farès (Chaïbi) où il y a clairement main dans la surface ». Le règlement a évolué Mais les contestations algériennes sont-elles vraiment légitimes ? Sur les réseaux sociaux, plusieurs suiveurs ont tenté d’expliquer la décision de l’arbitre par le fait que le centre de Chaïbi a d’abord rebondi sur la cuisse d’Ajayi avant de heurter la main du défenseur nigérian. Si, pendant quelques saisons, certaines fautes de main n’étaient pas signalées quand le ballon avait touché une autre partie du corps du joueur avant son bras, ce point n’est plus mentionné dans le règlement établi par l’International Football Association Board (IFAB) dans les Lois du jeu, le texte auquel se réfèrent tous les arbitres des compétitions régies par la Fifa, dont fait partie la CAN. Pour la saison 2025-2026 , les fautes de main sont signalées si le joueur incriminé « touche délibérément le ballon du bras ou de la main, par exemple avec un mouvement du bras ou de la main vers le ballon », peut-on lire à l’article 12.1 du règlement IFAB. Sur l’action en question, Ajayi ne semble pas volontairement toucher le ballon de la main, mais plutôt essayer de le contrer avec sa jambe. En revanche, le cadre de la défense des Super Eagles pourrait, pour certains, paraître bien plus fautif si l’on se fie au deuxième alinéa de l’article, basé sur la notion d’augmentation de la surface de corps. Junior Ajayi aurait pu être sanctionné « Il y a faute si un joueur touche le ballon du bras ou de la main : en ayant artificiellement augmenté la surface couverte par son corps », écrit l’IFAB. « Il est considéré qu’un joueur a artificiellement augmenté la surface couverte par son corps lorsque la position de son bras ou de sa main n’est pas une conséquence du mouvement de son corps dans cette situation spécifique ou n’est pas justifiable par un tel mouvement. En ayant son bras ou sa main dans une telle position, le joueur prend le risque de toucher le ballon avec ces parties du corps et ainsi d’être sanctionné. » En s’arrêtant sur ce point précis, Ajayi aurait sans doute pu être sanctionné par l’arbitre compte tenu de la position de sa main, largement décollée et augmentant donc de fait sa surface corporelle. Reste que l’arbitre en a décidé autrement.