L’émotion était palpable sur le court, la tension aussi. Après avoir perdu en deux sets (6-4, 6-3), dimanche, face à la Biélorusse Aryna Sabalenka en finale du tournoi de tennis de Brisbane (Australie), l’Ukrainienne Marta Kostyuk s’est directement dirigée vers le juge-arbitre, refusant, ostensiblement, de saluer au passage son adversaire. Une attitude assumée et répétée . Depuis le début de la guerre dans son pays en 2022, l’Ukrainienne, numéro 26 mondiale, refuse en effet systématiquement de serrer la main à une adversaire biélorusse. En 2023, elle avait déjà agi de la sorte après une défaite au premier du tournoi de Roland-Garros face à… Sabalenka. Lorsqu’elle s’est présentée au micro au milieu du court pour la cérémonie de remise des trophées, Kostyuk n’a pas eu le moindre mot pour la Biélorusse. Et elle a grimacé lorsque la numéro 1 mondiale l’a au contraire félicitée et lui a souhaité bonne chance pour la suite de la saison. « Ma sœur dort sous trois couvertures tellement il fait froid chez elle » Surtout, l’Ukrainienne en a profité pour rappeler avec émotion la situation dans son pays. « Je voudrais dire quelques mots sur l’Ukraine, a confié la joueuse de 23 ans. Je joue chaque jour avec le cœur lourd. Des milliers de personnes sont privées d’électricité et d’eau chaude. Il fait -20 degrés dehors. C’est terrible de vivre cette réalité au quotidien. Ma sœur dort sous trois couvertures tellement il fait froid chez elle. J’ai été profondément touchée et heureuse de voir autant de drapeaux ukrainiens cette semaine. » Un discours engagé que la native de Kiev a ponctué, comme à son habitude, par deux mots : « Slava Ukraini », que l’on pourrait traduire par « gloire à l’Ukraine ». « C’est leur position ( aux joueuses ukrainiennes ), qu’est-ce que je peux y faire ?, a simplement commenté en conférence de presse Sabalenka. Quand j’entre sur le court, je pense à mon tennis et à ce que je dois faire pour gagner. Peu importe qu’en face il y ait Marta Kostyuk ou Jessica Pegula ( battue en demi-finale par l’Ukrainienne ). Je n’ai rien à prouver, j’y vais et je me comporte en sportive compétitrice. »