TOUBA – Serigne Mbacké Mara appelle à une réforme profonde de l »’état civil et du code de la famille jugés anachroniques, fragiles et médiocres à bien des niveaux »

Serigne Mbacké Mara, Président de «  Solidarité Sans Frontières »  et conseiller municipal a la commune de Touba, a plaidé c ce week-end , pour une rénovation urgente du code de la famille du Sénégal et une réforme en profondeur du système d’état civil. Selon lui, le pays ne peut plus continuer à s’appuyer sur des « réalités occidentales » alors qu’il dispose de ses propres références culturelles. Une impasse institutionnelle Le responsable religieux estime que l’état civil sénégalais traverse une « impasse terrible », et que l’exécutif, le législatif et le parlement ont chacun une responsabilité à assumer pour sortir de cette crise. La situation des enfants de parents étrangers Il a insisté sur la nécessité de clarifier les règles concernant les enfants nés au Sénégal de parents étrangers. Ces derniers doivent pouvoir déclarer leurs enfants dans les mairies, avec des procédures transparentes et accessibles. Il a également souligné que les conditions d’acquisition de la nationalité sénégalaise pour les étrangers restent floues et doivent être revues. Les cartes d’identité biométriques Serigne Mbacké Mara a alerté sur l’échéance de 2027, date à laquelle 80 % des cartes d’identité biométriques seront caduques. Pour le renouvellement, il propose d’exiger des extraits de naissance, voire des certificats de nationalité en cas de doute, afin d’éviter que des non-Sénégalais ne puissent obtenir des documents officiels. Numérisation : sécuriser avant de digitaliser Alors que le gouvernement a annoncé l’accélération de la digitalisation de l’état civil, Serigne Mbacké Mara met en garde contre les risques liés à la numérisation d’actes falsifiés ou erronés. « Avant de numériser, il faut sécuriser les données personnelles », a-t-il insisté, évoquant un enjeu sécuritaire majeur. Il recommande une indexation fiable, une vérification des archives et une formation renforcée des agents. Les limites du personnel et du programme NEKAL Le chef religieux a également dénoncé la précarité du personnel de l’état civil, souvent nommé par les maires pour des raisons politiques et rémunéré à hauteur de 70 000 francs CFA par mois. Il appelle à une intégration dans la fonction publique locale et à une révision du programme NEKAL, mis en place par l’Agence nationale de l’état civil (ANEC). En résumé Pour Serigne Mbacké Mara, l’État doit : * Revoir la nomination des agents et officiers d’état civil, trop dépendants des maires en exercice. * Clarifier les conditions d’acquisition de la nationalité pour les étrangers résidant au Sénégal. * Encadrer l’intégration des enfants de parents étrangers. * Sécuriser la numérisation des données avant toute digitalisation massive. * Garantir des conditions de travail décentes aux agents de l’état civil. www.dakaractu.com