Les acteurs seront globalement les mêmes, mais le décor va changer. Fini le tribunal judiciaire de Paris et sa façade vitrée aux Batignolles, place au palais de justice historique, sur l’île de la Cité, et à sa non moins majestueuse première chambre civile qui a vu comparaître, pêle-mêle, le maréchal Pétain, Dominique de Villepin (relaxé dans l’affaire Clearstream) ou Édouard Balladur (relaxé par la CJR dans l’affaire Karachi). C’est donc au cœur de la capitale que Marine Le Pen joue à compter de ce mardi 13 janvier son avenir politique dans le procès en appel des assistants parlementaires européens du Front national (FN) . En première instance, la cheffe de file du désormais Rassemblement national (RN) a été condamnée à quatre ans de prison dont deux avec sursis et 100 000 euros d’amende pour détournement de fonds publics. Le tribunal a surtout assorti la sanction d’une inéligibilité de cinq ans avec exécution provisoire (c’est-à-dire avec application immédiate) en raison du « trouble irréparable à l’ordre public démocratique qu’engendrerait le fait qu’elle soit candidate, voire élue, par exemple et notamment à l’élection présidentielle ».