Drame au large de Thiaroye-sur-Mer : une pirogue de migrants accoste … 59 migrants sauvés, un corps sans vie découvert à bord

Une nouvelle tragédie liée à l’émigration clandestine est venue assombrir les côtes sénégalaises. À Thiaroye-sur-Mer, une pirogue transportant 59 migrants, dont un enfant de trois ans, a été interceptée alors qu’elle était sur le point de chavirer. Selon le récit du quotidien L’Observateur, les secours ont fait une macabre découverte : le corps sans vie d’une ressortissante ghanéenne se trouvait à bord de l’embarcation. Les faits se sont produits le samedi 10 janvier, peu après la prière de l’aube. D’après L’Observateur, ce sont des riverains regroupés sur le littoral qui ont donné l’alerte en apercevant une pirogue dangereusement ballotée par les vagues. À distance, les occupants, visiblement à bout de forces, faisaient de grands signes de la main pour appeler à l’aide. Si certains pêcheurs n’ont pas hésité à prendre la mer avec leurs propres pirogues pour porter secours, d’autres ont préféré prévenir la gendarmerie territoriale de Thiaroye-Gare. Rapidement déployés, les gendarmes, appuyés par des secouristes et des volontaires, ont réussi à guider l’embarcation vers la côte et à assister les migrants les plus lucides afin qu’ils accostent sans encombre. « Ils étaient exténués », confie un témoin cité par L’Observateur. Le bilan fait état de 59 migrants secourus, parmi lesquels se trouvait un très jeune enfant. Mais au cours de la prise en charge, les forces de l’ordre ont découvert le corps sans vie d’une femme de nationalité ghanéenne, plongeant l’opération de sauvetage dans une atmosphère lourde et dramatique. Une traversée cauchemardesque Toujours selon L’Observateur, les témoignages recueillis auprès des migrants indiquent que la pirogue avait quitté les côtes gambiennes environ une semaine plus tôt. La traversée aurait basculé en haute mer, lorsqu’un des moteurs de l’embarcation est tombé subitement en panne. La panique se serait alors emparée des passagers, tandis que la pirogue, privée de toute maîtrise, dérivait au gré des vents et des courants. Ce n’est que lorsque la mer est devenue moins agitée que les personnes chargées du gouvernail auraient tenté de diriger tant bien que mal la barque vers les côtes sénégalaises, espérant échapper au pire. Mais l’épuisement, la faim et la déshydratation auraient eu raison de plusieurs passagers. Des morts jetés en mer ? Pour l’heure, les circonstances exactes du décès de la ressortissante ghanéenne restent floues. Toutefois, rapporte L’Observateur, des confidences laissent entendre qu’elle ne serait pas la seule victime de cette traversée. D’autres migrants, morts d’épuisement en mer, auraient été jetés par-dessus bord, une information que la gendarmerie cherche activement à vérifier. Une enquête a été ouverte afin de faire toute la lumière sur ce drame, déterminer les causes exactes des décès et identifier les organisateurs de ce voyage clandestin. www.dakaractu.com