Guédiawaye -Course-poursuite, abandon : deux ans de silence, 18 kg de chanvre et une arrestation chirurgicale

Après deux longues années d’enquête souterraine, la police de Guédiawaye vient de refermer un dossier aussi spectaculaire que révélateur des méthodes du trafic de drogue urbain. Selon les informations rapportées par L’Observateur, les forces de l’ordre ont finalement mis la main sur le propriétaire d’un véhicule abandonné en pleine course-poursuite en 2023, à l’intérieur duquel avaient été découverts 18 kilogrammes de chanvre indien. L’affaire remonte à une scène digne d’un film d’action. En 2023, sur la VDN3, un motard de la police prend en chasse un véhicule suspect depuis le pont de Cambérène. La poursuite s’achève brutalement sur le pont de Wakhinane-Nimzatt, où le conducteur, acculé, abandonne sa voiture en pleine chaussée avant de disparaître dans la nature. À l’intérieur du véhicule, les policiers découvrent plusieurs sacs de chanvre indien, mais aussi un détail troublant : les papiers du véhicule, laissés dans l’habitacle. Malgré ces indices, le suspect demeure introuvable. Le dossier s’empoussière, mais n’est jamais classé. D’après L’Observateur, à Wakhinane, les enquêteurs ont « la mémoire longue ». Et la patience a fini par payer. L’indic, la Médina et le coup de filet Vendredi dernier, grâce au concours d’un informateur aux méthodes éprouvées, les policiers localisent enfin le propriétaire du véhicule. Il s’agit d’un certain B., repéré au cœur de la Médina. Le timing est soigneusement choisi : pendant que la majorité des Sénégalais suivent à la télévision le quart de finale de la CAN opposant le Sénégal au Mali, les policiers investissent discrètement le quartier. L’arrestation se fait sans résistance. Conduit au commissariat, B. se retrouve face à son passé : sa voiture, toujours stationnée devant l’unité, et la drogue, soigneusement mise sous scellés. Pris au piège, il clame son innocence. « Ce n’est pas à moi », répète-t-il, selon L’Observateur. Mais les preuves sont accablantes : ses documents personnels retrouvés dans la boîte à gants et, plus compromettant encore, les fournitures scolaires de ses propres enfants sur la banquette arrière, juste à côté du sac de drogue. Le mécanicien dans la ligne de mire Coincé, B. finit par lâcher un nom : M., son mécanicien domicilié à Pikine, qu’il désigne comme le véritable responsable. Craignant toutefois des représailles, il hésite à collaborer pleinement. Les enquêteurs lui font alors comprendre qu’il risque, seul, de porter le poids d’un trafic international de drogue. C’est là que la police déploie un stratagème redoutable. Toujours selon L’Observateur, sous la dictée des enquêteurs, B. appelle son mécanicien le même soir. Le prétexte : une nouvelle voiture serait tombée en panne au rond-point de Wakhinane-Nimzatt, exactement à l’endroit où tout avait commencé deux ans plus tôt. Confiant, M. se rend sur place. Il n’y trouvera ni panne ni véhicule, mais une escouade de policiers qui l’interpellent immédiatement. Un réseau encore sous enquête Aujourd’hui, les deux hommes sont en garde à vue. Les auditions se poursuivent afin d’identifier les fournisseurs et les destinataires de la cargaison de chanvre indien. D’après les sources de L’Observateur, d’autres arrestations ne sont pas à exclure dans les prochaines heures, les enquêteurs cherchant à démanteler l’intégralité du réseau. Les deux suspects devraient être présentés au procureur de la République dès ce lundi. www.dakaractu.com