C’est l’un des procès les plus célèbres de l’histoire judiciaire en France et aussi celui de la peine de mort. Du 23 février au 4 mars 2026, à l’occasion du tournage d’un biopic sur Robert Badinter (1928-2024), avec Jérémie Rénier dans le rôle de l’ancien avocat et futur garde des Sceaux, le tribunal de Troyes (Aube) revivra le procès Patrick Henry . Une affaire qui avait à l’époque durablement traumatisé la ville et la France entière. « La France a peur » avait lancé quelques années plus tôt, le 17 février 1976, le présentateur Roger Gicquel en ouvrant son journal de 20 heures sur l’arrestation de Patrick Henry, qui avait enlevé pour rançon et étranglé le petit Philippe Bertrand, 7 ans, fils d’un couple d’amis, dans une chambre d’hôtel de Troyes. Deux cents figurants sont recherchés pour la reconstitution, le mois prochain, du procès de Patrick Henry devant la cour d’assises de Troyes au cours duquel Robert Badinter fit le procès de la peine de mort, qu’il fera abolir devenu ministre de la Justice en 1981, en sauvant, contre toute attente, la tête du « tueur d’enfant ». Les équipes de Pan Cinéma poseront leurs caméras dans le tribunal entré dans l’Histoire. « Si vous le coupez en deux, cela ne dissuadera personne » Le 20 janvier 1977, au terme de trois jours de procès, Robert Badinter, l’un des avocats de Patrick Henry, avait livré une plaidoirie mémorable où il lança cette phrase mémorable : « Moi je vous dis : si vous le coupez en deux, cela ne dissuadera personne ». S’adressant aux jurés, un Robert Badinter, au bord de l’épuisement, les avait mis face à leurs responsabilités : « Vous allez voter maintenant. C’est vous et vous seuls, et chacun de vos votes est acquis pour toujours. Et puis il y aura un autre crime affreux. Et puis vous y penserez. Et puis, il y aura l’abolition. Vous direz à vos enfants que vous avez condamné un homme à mort, même un tueur d’enfant, et vous verrez leurs regards. » Un pas décisif vers l’abolition de la peine de mort Après délibération, sept des douze jurés avaient voté pour la peine de mort. À l’époque, il en aurait fallu huit pour que Patrick Henry soit condamné à mort. Le meurtrier échappera à la guillotine mais pas à la perpétuité. Bénéficiaire d’une liberté conditionnelle, il sera libéré le 15 mai 2001 avant de retourner en prison pour avoir été arrêté en octobre 2002 en Espagne pour trafic de stupéfiants. Gravement malade et libéré en 2017 et il décède le 3 décembre de cette même année. Son procès de 1977 aura marqué un pas décisif vers l’abolition de la peine de mort. À l’instigation de Robert Badinter, la loi portant la réforme sera promulguée le 9 octobre 1981. C’est en partie sur ce combat que le film, réalisé par Pierre Godeau, sera centré. Au casting, on retrouvera, outre Jérémie Rénier, le chanteur Eddy de Pretto, Xavier Beauvois, Hippolyte Girardot et donc 200 figurants. Pas de sourcils refaits ou de faux ongles Sur le site castprod.com , la production précise les profils recherchés. Pour postuler, il faut être de type caucasien, de tout âge, n’avoir ni piercing ou tatouages apparents et ne pas avoir les sourcils refaits ou de faux ongles. Par ailleurs, les figurants devront avoir des coupes et couleurs de cheveux compatibles avec les tendances des années 1970 et 1980. L’équipe de production précise également que les profils avec une expérience ou proches des milieux du droit, de la justice, de la police de l’armée ou de la gendarmerie seront particulièrement appréciés. Le tournage est rémunéré et les profils locaux sont recherchés en priorité. Inutile de postuler donc si l’on ne réside pas dans la région Grand Est. La sortie du long-métrage est annoncée le 11 novembre 2026. Un second film sur Robert Badinter est programmé pour 2027. Cette fois, c’est Guillaume Canet qui incarnera l’ex-ministre de la Justice de François Mitterrand.