Certaines voix ne se taisent jamais vraiment. Celle de Rolland Courbis s’est éteinte ce lundi , à 72 ans, mais elle continuera longtemps de flotter dans la mémoire collective du football français. Une voix grave, reconnaissable entre mille, une gouaille méridionale mêlée de sagesse populaire, de malice et d’élans sincères. Une voix qui racontait le jeu comme on raconte la vie : avec des détours, des éclats, parfois des excès, toujours de l’authenticité. Avec lui disparaît bien plus qu’un entraîneur ou une voix de consultant : c’est une manière d’être, une façon de parler du jeu et des hommes, un accent de vérité qui se perd. Sa mort survient moins de trois semaines après celle de Jean-Louis Gasset, le 26 décembre . Une proximité presque symbolique, tant leurs vies professionnelles et humaines furent entremêlées même si les deux techniciens n’ont jamais travaillé ensemble.