L’écusson du Bayeux FC au-dessus du cœur, Benjamin Renaux va sentir cette zone palpiter, ce mardi 13 janvier pour le 16e de finale de Coupe de France entre le Petit Poucet calvadosien et l’Olympique de Marseille . Une « affiche de rêve » pour l’attaquant bayeusain, grand fan de l’OM. « Mon papa m’emmène au stade depuis tout petit. Forcément, on est à l’autre bout de la France donc on n’y va pas tous les ans mais on y va au maximum. C’est un club historique qui représente le foot français », pétille le buteur de 31 ans. Submergé par l’émotion lors du tirage au sort vécu en direct par tout le club, Benjamin Renaux a « compté les dodos » avant « ce rêve de gosse, surtout en tant que Marseillais ». Un rêve sportif, déjà, pour ce joueur forgé par le foot amateur, passé plusieurs fois par le Bayeux FC. Ce mardi, il foulera pour la deuxième fois la pelouse du stade d’Ornano de Caen, à nouveau grâce à la magie de la Coupe de France. « J’ai eu cette chance d’y jouer devant environ 6000 personnes pour un 8e tour avec l’AG Caen contre Guingamp (Ligue 2) en 2023. Là, on va avoir 20 000 ! On aura des étoiles dans les yeux. » Un peu plus dans les siens face à son équipe favorite, Marseille, cador de Ligue 1 , engagé en Ligue des Champions. Une source d’inspiration pour le Bayeusain, qui cite volontiers ses modèles d’attaque comme « Greenwood, un joueur exceptionnel, mais il y en a plein d’autres. Des Mamadou Niang, Didier Drogba, Ben Arfa, des joueurs qui puent le foot. Il n’y a que dans des clubs comme ça qu’on peut les voir. Et là, on ne va pas les voir mais jouer contre eux ! » Benjamin Renaux a pris une part active dans la concrétisation de son rêve. Pour se frayer un chemin jusqu’ici, son club a déjoué la hiérarchie à trois reprises, s’offrant notamment le scalp du voisin SM Caen (National 1, 3-2 le 15 novembre) au 7e tour et battant Blois au tour précédent (National 2, 2-1). « Pendant le match, on sera en guerre » Deux matchs où l’attaquant a fait parler la poudre, avec son camarade d’attaque Romain Guillotte, lui aussi supporter...marseillais. « En étant fan lui et moi, c’est incroyable de jouer contre eux. On va savourer l’avant match mais pas le pendant car on sera à la guerre sur le terrain, glisse ce dernier. Avec Benjamin, on a joué ensemble chez les jeunes à Bayeux. On se connaît presque par cœur. On peut jouer les yeux fermés, on sait les déplacements de l’autre. On fera comme on fait d’habitude, sans complexe. » De qui, très exactement, la défense olympienne doit-elle se méfier ? « Marseille n’a pas de profil comme Benjamin, ose l’entraîneur normand Éric Fouda. Ben n’est pas un dribbleur, il a de la vitesse. Mais il est aussi capable de venir garder des ballons en étant très propre. C’est aussi un passeur. Il a beaucoup de choses. » Le technicien confie sa chance de diriger un joueur « qui a le niveau pour être un peu au-dessus. Il a déjà évolué. Mais il est chez nous. C’est un joueur atypique, avec une dimension humaine très palpable dans le vestiaire ». De son côté, Benjamin Renaux n’oublie pas de saluer le travail de son entraîneur et invite tout le groupe à « suivre ses consignes » dans un match où « il faudra vite faire abstraction du rêve car c’est un autre niveau. Il faut penser au match ». Face à lui, « il y aura peut-être Pavard, Balerdi ou autre, s’ils tournent. Même si on supporte l’OM, on fera en sorte de leur jouer un vilain tour ». Et, en général, quand Benjamin Renaux marque, Bayeux fait un exploit. Pour un rêve de gosse éveillé.