Timothée Chalamet en route vers son premier Oscar : ce qu’on a pensé de « Marty Supreme »

Une victoire sobre qui contraste avec sa prestation frénétique à l’écran. Alors qu’il avait face à lui quelques monstres sacrés comme Leonardo DiCaprio et George Clooney , c’est Timothée Chalamet , tout juste 30 ans, qui a glané la statuette du meilleur comédien ce dimanche soir aux Golden Globes , cérémonie de prix décernés par la presse internationale à Los Angeles, pour son rôle de pongiste arriviste dans « Marty Supreme ». Un trophée qui en fait le favori des prochains Oscars , qui auront lieu le 16 mars. Déjà nommé deux fois (en 2018 pour « Call Me By Your Name » et l’an passé pour le biopic de Bob Dylan « Un parfait inconnu » ), l’acteur franco-américain a droit à une nouvelle balle de match grâce au film de Josh Safdie, en salles le 18 février en France. Plongé au début des années 1950 dans un New York effervescent, le néotrentenaire y joue Marty Mauser, un jeune juif vendeur de chaussures capable d’écouler « des savates à un cul-de-jatte », employé dans le magasin de son oncle. Le tonton patron ne voit pas d’un bon œil — c’est un euphémisme — les velléités d’émancipation de son neveu, qui s’imagine en futur champion du monde de tennis de table, discipline encore balbutiante dans l’Amérique d’après-guerre. Pour réaliser son rêve, ce charmeur à la tchatche et au culot au moins aussi grands que son talent raquette à la main ne recule devant rien. Petites ou grandes arnaques pour s’acheter des billets d’avion, séduction au bazooka afin de se mettre des investisseurs dans la poche, esbroufe XXL quand se profile une chance de monter dans l’ascenseur social… Aussi agaçant qu’attachant, Marty ne sait voir qu’en grand, sportivement, financièrement, mais aussi sentimentalement, délaissant sa vieille copine du quartier, Rachel (Odessa A’zion, une révélation), au profit d’une ancienne gloire du cinéma croisée par hasard à Londres (Gwyneth Paltrow). Mais cette folie des grandeurs fera-t-elle son bonheur ? Un véritable one-man-show Film hybride qui prend plaisir à sortir fréquemment de ses rails pour mieux surprendre le spectateur (on vous laisse découvrir la scène du bain avec le réalisateur Abel Ferrara en guest-star), « Marty Supreme », bien qu’inspiré des mémoires d’un vrai pongiste arnaqueur, n’est pas le biopic classique d’un sportif aux immenses ambitions. Mais plutôt le portrait d’une jeunesse impatiente, souvent égocentrée, confrontée à des choix cornéliens — la carrière ou l’amour ? La fidélité ou la grande aventure ? Le confort ou la prise de risque ? — qui parlera sans aucun doute à la nouvelle jeune génération, malgré la barrière du film d’époque. Des jeunes qui seront sûrement attirés en masse en salles par Timothée Chalamet, meilleure tête de gondole hollywoodienne pour la « Gen Z » , qui signe dans le film de Josh Safdie une prestation enlevée, charismatique, énergique, tour à tour tête à claques et défenseur de femme en cloque. Vestiges acnéiques sur les joues, lunettes vintage sur le nez, mono-sourcil juste au-dessus, petit marcel sur le torse, « Timmy » livre un véritable one-man-show dans la peau de Marty. Quasiment de chaque plan du film, le héros de « Dune » épate jusque dans les scènes de ping-pong, reconstituées de manière ludique et (presque) réaliste grâce à une gestuelle maîtrisée (et un coup de main des effets spéciaux). Cerise sur la table de tennis de table : une bande-son joyeusement anachronique qui fait souffler un rafraîchissant vent des années 1980, de « Forever Young » d’Alphaville à « Everybody Wants To Rule The World » de Tears for Fears ». Tout le monde veut gouverner le monde ? À Hollywood, Chalamet a pris de l’avance, bien placé pour mettre la main sur son premier Oscar. Grâce à « Marty », la récompense « Supreme » ?