Grâce à la série « Emily in Paris », ces sacs à main fabriqués dans un village de montagne isérois s’arrachent

« Voir notre sac à main dans une série aussi prestigieuse, c’est un rêve ! ». Depuis son village de Sinard ( Isère ), perché au milieu des montagnes enneigées du Trièves, Bérangère Lagaillarde Eandi peine encore à descendre de son petit nuage, quelques semaines après l’apparition de son sac en cuir rose fluo à chaîne noire dans la série au succès mondial « Emily in Paris » . Cette fiction Netflix est l’une des plus regardées de la plateforme, avec des dizaines de millions de téléspectateurs partout dans le monde. Depuis 5 saisons, elle raconte la vie en France d’une Américaine embauchée dans une agence de marketing parisienne. La mode y a une place prépondérante, tant et si bien que « Emily in Paris » est devenue prescriptrice de certaines tendances. « Je voulais créer des sacs rock’n roll » Le conte de fées de Bérangère débute en avril 2025. Après s’être spécialisée pendant une dizaine d’années dans la vente de tapis marocains et moldaves, elle vient de se lancer dans les sacs en cuir faits main. « Je me suis associée à Sandra, une amie Polonaise de mon village, diplômée d’une école de maroquinerie de Milan », raconte Bérangère. « Tout nous oppose : Sandra est manuelle, pas moi. Tout ce que j’aime en matière de mode, elle déteste, et inversement. Je suis arrivée à la convaincre de faire des sacs plus exubérants en choisissant des cuirs aux couleurs vives, issus de chutes de grandes maisons de luxe. Je voulais créer des sacs rock’n roll. » L’idée fonctionne, mais Bérangère veut donner plus de visibilité à ses sacs. Son grand atout réside dans son carnet d’adresses, hérité de la vente de ses tapis par le biais d’ Instagram . De nombreuses célébrités figurent parmi ses clients, comme Amanda Sthers, Estelle Lefébure, Anne Marivin, Laura Smet, Camille Lellouche, Nathalie Baye et… Philippine Leroy-Beaulieu, une actrice d’« Emily in Paris ». Bérangère tente sa chance en proposant ses sacs à la comédienne. La star, en tournage à Rome, ne tarde pas à lui répondre : « Envoyez-les, et si vos sacs fonctionnent avec nos costumes, je vous propose de les mettre dans la série », suggère Philippine Leroy-Beaulieu. « Sandra, ma maroquinière, n’y croyait pas du tout ! Elle ne connaissait même pas la série », se souvient Bérangère en souriant. En juin 2025, un message en provenance de Los Angeles confirme le choix d’un sac de Sandra et Bérangère. Au pied du Vercors, dans leur atelier du Trièves, les deux femmes fabriquent et envoient trois exemplaires à la production. « Et le 18 décembre, le jour de mes 48 ans, je vois notre sac porté par le personnage de Mindy dans l’épisode 6. Dans la foulée, les commandes ont afflué. C’était incroyable », poursuit Bérangère, qui veut garder le chiffre secret. « Ça représente plusieurs centaines de sacs », souffle-t-elle seulement. Alors que la confection d’un seul sac prend entre 4 et 6 heures, l’enjeu est de tenir la cadence. Bérangère se forme à la maroquinerie pour pouvoir seconder Sandra. « C’est une aventure, mais on va y arriver ! » assure cette Iséroise d’adoption, originaire de Corse et passée par Saint-Germain-des-Près avant de débarquer à la montagne, il y a 25 ans. Hasard de l’histoire, leur village est voisin de Monestier-de-Clermont, autre bourgade de montagne où est née la marque Moncler, inventeur de la doudoune dans les années 1950, devenue icône du luxe à la montagne. « On est encore très loin de leurs tarifs », tempère Bérangère. « Nos sacs coûtent entre 220 et 300 euros selon le cuir. Les mêmes prix qu’avant Emily in Paris . »