Comment éviter un drame? Une dizaine de jours après l’incendie de Crans-Montana, «Le Temps» a rencontré les experts de la prévention du feu du canton de Genève. Ils expliquent les bonnes réactions à avoir selon l’origine de la flamme «On n’est jamais assez bien formé contre le risque incendie», concède Hubert Borcard. Il est instructeur en chef Feu et protection civile. Avec ses collègues de l’Office cantonal de la protection de la population et des affaires militaires (OCPPAM), il reçoit chaque année près d’un millier de personnes travaillant dans les lieux publics. Personnel de l’éducation, cafetiers, restaurateurs et autres viennent découvrir les différentes situations de départ de feu et les comportements adaptés. «Dans l’ordre de priorité, il s’agit d’abord d’alarmer, d’évacuer, puis seulement ensuite d’essayer d’éteindre sans se mettre en danger, et enfin, d’accueillir les pompiers», continue-t-il. Une dizaine de jours après le drame de Crans-Montana, remémorons-nous ensemble les bons gestes à adopter en cas d’incendie. Il y en a trois principaux: étouffer, arroser, couper la source d’alimentation du feu. Pour agir, il faut connaître l’origine de la flamme. Cinq classes de feu, trois comportements La réaction ne sera pas la même selon que le feu provienne du gaz, d’huile ou de matières inflammables. Les causes d’incendie ont été divisées en cinq classes de feu. Les voici: Classe A (solides ne fondant pas): Pour le bois, le papier, les textiles naturels, le charbon ou les synthétiques qui ne fondent pas, l’eau est recommandée. Les extincteurs sont à privilégier parce qu’ils contiennent des additifs qui améliorent le pouvoir refroidissant de l’eau et accroissent son efficacité. Classe B (solides qui fondent): Cette catégorie regroupe des matériaux, comme les mousses acoustiques en cause dans l’incendie de Crans-Montana. Privilégier ici l’étouffement. Selon la taille du feu, un extincteur à poudre peut aussi se révéler utile, tout comme une couverture anti-feu ou même une serpillière pour priver le foyer d’oxygène. Classe C (gaz): Il s’agit là des feux de briquet par exemple. Concerne le butane, le propane ou l’acétylène. Le risque principal réside dans l’explosion. Il faut donc agir à la source et couper l’évacuation. Sinon, le gaz risque de continuer de se répandre alors qu’on essaie d’éteindre la flamme. Classe D (métaux): Piles, torches et autres produits métalliques pouvant brûler réagissent à l’eau. Elle est à proscrire. Immerger ces matériaux dans du sable sec (ou des poudres spécifiques) est le meilleur moyen de venir à bout de l’incendie. Le cas particulier de la cuisine (Classe F): C’est un accident domestique classique, la casserole oubliée sur le feu. Ne surtout pas y jeter de l’eau! Les gouttelettes chargées d’oxygène alimenteront l’incendie. Il s’agit donc de l’enlever en recouvrant le récipient avec son couvercle ou avec un torchon en coton épais, humidifié (mais pas détrempé). Un peu de patience avant de vérifier que tout soit éteint, le feu peut mettre un moment avant de se consumer. Relever le couvercle trop rapidement pourrait faire repartir l’incendie. Toujours appeler le 118 C’est le bon réflexe à avoir rapidement et il peut être utile même si l’on croit avoir circonscrit l’incendie. Appeler le 118 permet de lever le doute sur la propagation du feu là où l’œil ne voit pas, dans les conduits via la hotte de ventilation par exemple. Les pompiers disposent d’une caméra thermique pour vérifier qu’aucun foyer ne couve dans la structure de l’immeuble.