Go Fast sur l’A1 : plus de 8 kg d’héroïne cachés dans une roue de secours découverts par les douaniers de l’Oise

« La France n’est pas l’autoroute de la drogue ! » C’est sur ces mots que la substitute du procureur de la République de Compiègne ( Oise ), Alix Matras, a conclu ses réquisitions ce lundi 12 janvier. Face à elle, dans le box des prévenus du tribunal de Compiègne, un Néerlandais de 30 ans, Gidéon C. Le trentenaire a été interpellé par les agents des Douanes le 8 janvier à 21h30 sur l’aire de repos de Ressons-sur-Matz . Alors qu’il vient de faire le plein de sa Citroën DS7, il se fait contrôler et déclare être en France pour faire du tourisme. Quand les douaniers ouvrent le coffre, ils se rendent compte que le pneu de secours n’est pas aux dimensions des autres. La roue est alors sectionnée et s’ouvre sur 16 paquets de cellophane noire tenus par du ruban adhésif. Ils contiennent un total de 8,2 kg d’héroïne . Une quantité estimée à 119 822 euros en vente en gros et à un peu plus de 262 000 euros, en vente en détail. Des Mercedes en voitures suiveuses Placé en garde à vue, Gidéon C. dit être en situation de précarité. Il a rencontré quelqu’un dans la rue aux Pays-Bas qui lui a proposé 1 000 euros pour faire un trajet jusqu’à Lorient ( Morbihan ). « J’ai loué une voiture à Rotterdam le jour même et des gens ont mis quelque chose dans le coffre. Je ne savais pas ce que c’était, mais je savais que c’était précieux mais je ne savais pas que c’était de la drogue », confie-t-il. Pour les magistrats, le Go Fast est évident au vu des éléments de l’enquête. « Nous savons qu’il y avait deux Mercedes qui vous suivaient, dont une ouvreuse. Elle était là, à chaque péage depuis la Hollande. L’autre est partie à la frontière franco-belge. Vous aviez un portable et trois cartes SIM, deux étrangères et une Française. Et lors de votre interpellation, un certain Amiri et une Miss Uninterested n’ont pas arrêté de vous appeler. » Pour la juge, il ne fait aucun doute que le prévenu était sous surveillance afin de protéger la précieuse cargaison. D’ailleurs, au moment où le prévenu est interpellé sur l’aire d’autoroute, une Mercedes blanche, avec trois personnes à l’intérieur, démarre en trombe au même moment. Pour Alix Matras, Gidéon n’est pas qu’un « pauvre exécutant », ce que maintient pourtant son avocate, Me Sabine Thoma Brunière. « Rien dans le dossier ne certifie ce qu’il savait ce qu’il y avait dans le pneu. Il était sans logement, sans emploi, sans famille, sa situation fait qu’il ne s’est pas posé de questions car il avait besoin d’argent. C’est un transporteur passif. » Gidéon C. a été condamné à deux ans de prison ferme avant mandat de dépot et 30 000 euros d’amende douanière. « J’ai été utilisé. Je ne savais pas que c’était un trafic. Du fond de mon cœur, je demande pardon », s’excuse-t-il avant de partir en prison.