«L’émotion ne peut pas se substituer à la preuve»: dans l’affaire de l’incendie du Lignon, la défense s’attaque au scénario du parfait coupable

En détention provisoire depuis deux ans et demi, le prévenu conteste avoir bouté le feu qui avait provoqué la mort de deux personnes. Ses avocats ont plaidé l’acquittement en déconstruisant le faisceau d’indices censé forger l'intime conviction des juges Pedro* est-il l’incendiaire qui a causé le monstre dégagement de fumée n’ayant laissé aucune chance aux deux victimes piégées dans un escalier brûlant de la cité du Lignon? Au deuxième jour du procès devant le Tribunal criminel de Genève, les avocats du prévenu se sont appliqués à déconstruire le faisceau d’indices considéré comme accablant par le Ministère public et à montrer qu’un autre scénario est parfaitement possible. «Condamner un innocent ne ferait qu’ajouter du malheur à l’horreur», a conclu la défense en demandant l’acquittement au bénéfice d’un doute bien trop important. C’est Me Marie-Laure Chèvre qui se lancera la première pour dénoncer une enquête à charge, symbolisée par ce message d’un inspecteur évoquant en ces termes l’arrestation à venir: «La chasse est ouverte.» Une fois Pedro identifié sur les images de vidéosurveillance du couloir de cet immeuble, qui le montrent se diriger vers la cave le soir du 5 juillet 2023, «on ne cherche pas plus loin et toute l’instruction se focalise sur lui et sur son passé». Voir plus