Affaire Prodac : Pape Malick Ndour face au verdict de l’appel aujourd’hui!

L’étau judiciaire se resserre autour de Pape Malick Ndour. Ce mercredi, l’ancien ministre joue une étape décisive de son avenir judiciaire devant la chambre d’accusation. En cause : l’appel interjeté par le Parquet financier contre la décision du juge d’instruction de le placer sous bracelet électronique dans le dossier explosif du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac). Une audience très attendue, rapportée par L’Observateur, qui pourrait faire basculer le sort de l’ex-responsable gouvernemental. Selon L’Observateur, le Parquet financier ne désarme pas et reste déterminé à obtenir un mandat de dépôt contre Pape Malick Ndour, ancien ministre sous le régime de Macky Sall. Inculpé pour association de malfaiteurs, escroquerie sur des deniers publics et blanchiment de capitaux, il demeure sous la menace d’une incarcération immédiate si l’argumentaire du ministère public venait à convaincre la chambre d’accusation. Les faits remontent au vendredi 7 novembre 2025. À l’issue de son face-à-face avec le doyen des juges d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF), Idrissa Diarra, Pape Malick Ndour avait bénéficié d’une liberté provisoire assortie du port d’un bracelet électronique. Une décision qui, souligne L’Observateur, n’avait pas trouvé grâce aux yeux du Procureur financier, lequel avait requis un mandat de dépôt ferme. Estimant que le juge d’instruction n’avait pas suivi son réquisitoire, le Parquet financier avait aussitôt exercé son droit d’appel, conformément aux délais procéduraux. C’est précisément cet appel qui est examiné ce mercredi à 10 heures par la chambre d’accusation. Joint par L’Observateur, Me Antoine Mbengue, membre du pool d’avocats de Pape Malick Ndour, a confirmé la tenue de l’audience et apporté des précisions sur les enjeux. « Le Procureur avait demandé le mandat de dépôt contre Pape Malick Ndour, mais le juge était passé outre. Il avait décidé de le placer sous bracelet électronique. Le Procureur a donc fait appel de cette décision. Et c’est cet appel qui va être évoqué aujourd’hui devant la chambre d’accusation », a expliqué l’avocat. Toujours selon L’Observateur, Me Mbengue rappelle que cette démarche du ministère public s’inscrit dans la logique normale de la procédure pénale. « Comme le Procureur n’a pas été suivi dans son réquisitoire, il a exercé un recours. Maintenant, c’est à lui d’expliquer à la chambre d’accusation pourquoi il n’est pas d’accord avec la décision du juge, et nous répondrons », a-t-il ajouté. L’affaire Prodac trouve son origine dans un rapport d’expertise comptable réalisé par le cabinet ADR, dirigé par Abdoulaye Dramé. Commandé en janvier 2025, ce document met en lumière, selon L’Observateur, des irrégularités financières estimées à 2,7 milliards de francs CFA, ainsi que des retenues de garantie de 40 millions de francs CFA relatives au Domaine agricole communautaire (DAC) de Sefa. Ces conclusions avaient conduit le Procureur financier à étendre les poursuites à Pape Malick Ndour, mais aussi à Khadim Bâ, directeur général de Locafrique. Malgré la gravité des accusations, l’ancien coordonnateur du Prodac campe sur sa position. Assisté de ses avocats, il conteste fermement les faits et soutient n’avoir jamais assuré la gestion des fonds aujourd’hui incriminés. www.dakaractu.com